Chromatique, la nouvelle galerie hybride du 7e arrondissement de Lyon

Lyon a vu défiler pléthore de galeries à concepts ces dernières années : entre la Taverne de Gutemberg à Guillotière, SITIO à Perrache, le SOFFFA (1er et 7e arr) et le Croiseur, de nombreux lieux dits « hybrides » deviennent des acteurs majeurs des sorties lyonnaises. Hybrides, pourquoi ? Car on y fait un peu de tout. Tantôt galerie d’art, tantôt salle de concerts, revêtu pour un événement culturel ou habité de tables pour en faire un bar cool… Un café simple n’est plus. Alors, on y imagine des événements qui saluent toutes les possibilités offertes à ces espaces : conférences à thèmes, découvertes d’artistes locaux, copinage avec des festivals de la région (On vous Ment, Hallucinations Collectives, Urban Art Festival…), café où il est bon d’aller quand on ère dans le quartier.

Après le 6ème continent, le Frigo et la radio Bellevue, place à Chromatique

Chromatique est donc né en digne successeur du 6ème Continent, dans ce même emplacement du 51 Rue Saint-Michel. Conférences et événements culturels y étaient promulguées. Et derrière ce nouveau nom se cache le label Bitume, fondé en 2016 par deux copains ingénieurs. Aujourd’hui composé de quatre membres, Florent, Fati, Théo et Hugo, Bitume a créé Chromatique comme salle physique, tout en gardant leur activité maîtresse d’organisation d’événements culturels. Alors, qu’est-ce qui changera ? Déjà, l’espace. Il est commun de voir dans des galeries-bar-espace-concert, des personnes qui sirotent une bière, écoutant le groupe s’affirmer sur scène et zyeutant par à-coups les tableaux un peu partout. Chromatique a préféré délimiter l’espace bar, assez intimiste, de l’espace scène. On y accède donc par une porte insonorisée. On peut alors discuter tranquillement. Tranquillement… Bon, si on tente d’oublier la petite dizaine de personnes attendant leur dû au bar ou les quatre-cinq restés devant l’entrée, solidaires face à leurs copains, dehors, faute de places. Enfin, on peut citer le fait de ne plus avoir à être membre de l’association organisatrice pour accéder aux lieux et, par extension, aux consos et événements.

Produits bios, artistes locaux

Ce qui est toujours appréciable dans ce genre d’espaces, est le soucis d’une carte proposant des produits locaux et certifiés d’agriculture biologique. On y retrouve la bière Loupiote, brassée dans la région lyonnaise, des thés bios issus d’une brasserie savoyarde, et des planches mixtes (végétariennes ou non) avec des ingrédients soignés. On y a croisé également des artistes, d’horizons musicaux divers : Thibaud Cohade, Paloma Colombe et StaKhan de Tunnel Vision. Côté illustrations, les artistes Kesadi, Chufy, AZED, Dubol Art et Tony Ynot ont collaboré avec la galerie pour proposer un lieux chaleureux et original.

Et parce qu’il y a toujours des zones d’ombres même dans les plus grands chefs d’œuvres : une petite liste de points obscurs qui devraient tendre à l’amélioration : le prix des consos, comparables à ceux des bars classiques. Mais place au doute ! Ces tarifs peuvent être provisoires, pour combler les débuts où l’investissement financier est souvent conséquent. L’espace bar, où la ceinture abdominale se voit contracter à chaque passant ou chaises un peu trop écartées de leurs tables respectives. Evidemment, nous parlons de cette première semaine, avec comme événements le vernissage ce jeudi 18 avril 2019 et le premier samedi soir, ce 20 avril. Il sera donc bon d’y aller quand la cohue se sera délayée. Toujours est-il que la programmation à venir est plaisante, d’événements de quartiers à des concerts qui donnent les cartes à des artistes aux propositions diverses prévus les 3 et 11 mai prochains. Et puis, il est toujours agréable de s’aventurer dans ces lieux où le mot se passe entre commerçants : toujours sympathique, toujours souriant. Allez-y les yeux fermés. (Mais ouvrez-les une fois dedans).

© Photographies : Chromatique

© Pour le dire