Frida Kahlo Esquisse de ma vie par la compagnie Novecento

Frida Kahlo nous est présentée par la compagnie Novecento, installée depuis quatre ans à la Maison des Passages, dans le Vieux Lyon. La compagnie nous livre une vision intimiste et militante de cette artiste aux milles visages. Peintre qui se refusa toute sa vie l’étiquette du surréalisme, amie de Picasso, de Duchamp et de Trotsky, elle entend vivre pleinement sa vie et y goûter toutes les expériences qu’elle a à offrir. Portrait d’une femme singulière.

Puissante et engagée, la pièce Frida Kahlo Esquisse de ma vie mêle poésie et conte politique. Elle nous dépeint la vie de Frida Kahlo comme un combat, contre la maladie, la société machiste, les acquis bourgeois… Et contre elle-même, parfois. Pour Frida Kahlo, rien n’est éternel : tout est à réinventer. Nadia Larbiouene se glisse dans la peau de cette femme d’exception, du Mexique, son pays natal, au Paris des années 30, et nous tisse un portrait sans écarts, sans fausses notes. Sa vie est passée au peigne fin avec sensibilité, de ses moments d’ivresses et d’amour à ses révoltes et instants noirs. Car la vie de Frida Kahlo, c’est tout ça. Un fantastique chaos et une insoumission permanente. Elle incarne l’exception dans tout ce qu’elle touche. L’une des trente-quatre filles sur deux milles étudiants en médecine, l’incarnation du genre androgyne, l’épouse du peintre émérite Diego Rivera, de vingt ans son aîné.

La pièce est une expérience étonnante dans la manière qu’elle a de nous livrer une histoire, de nous murmurer comme confidences les détails fragiles d’une vie. A travers le jeu de Nadia Larbiouene défilent les notes de musique de Camille Vallejos, aux sons de la clarinette, de la guitare, des chants hispaniques. Ils sont deux sur scène et pourtant tout un monde se dessine, vibrant aux ambiances parfumées et nostalgiques de cette odyssée. La lumière tamisée et la proximité avec le public, car la scène est disposée dans ce qui pourrait être une salle d’écoliers, offre au spectateur toute la palette de ce jeu d’acteur : les pupilles scintillent d’enivrement, par les différentes émotions et les verres de tequila qui se succèdent, les chants nous bercent et les paroles cognent à nos oreilles. Nous ne saisissons pas tout de la langue espagnole mais l’émotion livrée est universelle. La mise en scène ravira donc les amateurs de théâtre dans tout ce qu’il y a de plus pur : une comédienne en guise de troupe, un musicien en guise d’orchestre, un décor minimaliste. Et un récit saisissant.

Frida Kahlo Esquisse de ma vie par la compagnie Novecento
Du 7 au 12 mars 2017
© Pour le dire