Get Out de Jordan Peele

Chris et Rose, en couple depuis plusieurs mois, décident de rendre visite aux parents de cette dernière. Issue d’une famille blanche conservatrice, Chris demande alors si elle a pu mentionner, dans une quelconque conversation, que son petit-ami est noir. Ce qui ne semble pas être un motif d’inquiétude, bien au contraire. Arrivés dans le quartier résidentiel de sa belle famille, Chris ressent comme un tension qui ne cessera de s’intensifier. Et ce jusqu’à l’horreur.
Get Out revisite les classiques de l’horreur en amplifiant les phénomène de gentrification et de discrimination ambiants. Chaque personnage qui défile dans la maison de la famille Armitage, aux détours d’une fête, d’un repas ou même d’une discussion nocturne, alimentent l’horreur en la rendant insidieuse. Que cachent ces sourires qui semblent si faux ? Associé au monde moderne, ce récit sordide de la traque à l’homme noir semble aussi réaliste qu’effrayante. Jordan Peele nous plonge dans cet univers par des sons cinglants et des screamers saisissants. La tension est présente, palpable, même, mais quelques défauts font de Get Out un long-métrage que l’on sent promotionné pour son impertinence plus que pour ses qualités intrinsèques.
En effet, sorti de l’ambiance procurée par une salle sombre et aidée par une acoustique optimale, Get Out amène à réfléchir post-visionnage. N’était-ce pas un peu facile ? Un scénario idéal que tient Jordan Peele de pouvoir contrer la haine ambiante par une idéalisation malsaine qui conduit aux mêmes crimes. Chris, interprété par le très juste Daniel Kaluuya, tente d’échapper à ses tortionnaires par la fuite, classique. Les rebondissements qui s’enchaîneront n’en seront pas moins prévisibles et hâtifs. Pour maquiller tout cela d’un fard novateur, le réalisateur donne une place importante à ses seconds rôles, avec la beauté glaciale de Rose Armitage, interprétée par Allison Williams, la démence malsaine du frère Jérémy, par l’excellent Caleb Landry Jones et par Rod, l’ami de Chris, par l’acteur Lil Rel Howery  dont la force est d’insuffler quelques sourires avec des comiques de situation.
Get Out est-il donc réellement un bon film ou est-il bon parce qu’il déverse de pleins fouet un scénario adéquat face au contexte politique et sociétal  ?Surprenant dans son fond mais moins dans sa forme, il n’en reste pas moins excellent dans sa technique.
Get Out, sortie le 03 mai 2017

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