Exposition : Bande dessinée, l’art invisible

Comment mieux introduire le Lyon BD Festival qu’une exposition consacrée à la bande dessinée ? Le musée de l’imprimerie ouvre ses portes à cet art discret, qui résonne en nous comme un littérature de jeunesse ou des moments de simple divertissement. L’exposition regorge d’outils imaginatifs pour vous prouver le contraire. Articulée autour de l’ouvrage de Scott McCloud, illustrateur américain, l’exposition nous raconte son parcours juchée d’embûches : comment convaincre sa famille et ses proches que dessiner des cases sur des planches n’est ni un passe temps ni une futilité et prouver au reste du monde que la bande dessinée est un art à part entière.
L’exposition questionne le visiteur sur le terme d' »Art », injustement destitué à la bande dessinée à ses heures de gloire. En effet, quand on pense bande dessinée, on pense à Tintin, à Léonard, aux héros fantastiques combattant dans des mondes imaginaires. Rien qui semblerait sérieux, donc, pour que l’on puisse classer ces grandes pages colorées aux côtés de la littérature, de la peinture ou du cinéma. En apparence. Car la bande dessinée prend sa revanche.
La bande dessinée vit des mutations récentes. Elle ose aborder depuis quelques années des sujets sérieux et se définit davantage comme porteur de message. Il n’y a qu’à observer nos derniers grands succès : Persépolis, le combat d’une adolescente iranienne pour bousculer les mœurs conservatrices de son pays, Le Chat du Rabbin à propos du judaïsme en Algérie,  Le bleu est une couleur chaude sur l’homosexualité féminine, et reprise par le long métrage La vie d’Adèle, et dernièrement Joanne Lebster le début d’un nouveau monde exposant les enjeux d’une société vivant sans échanges monétaires. La bande dessinée adopte les mêmes caractéristiques que ses voisins de rang avec des histoires immersives aux enjeux politiques ou sociétaux, des mises en scènes travaillées, des émotions sensibles et une intrigue. Elle possède entre autres une particularité de taille : celle d’être universelle.
En effet, l’exposition Bande dessinée, l’art invisible a à cœur de nous montrer l’importance de la bande dessinée à travers les âges et les cultures. La narration importe considérablement mais l’outil principal de la BD reste l’image, et ses milles et une façons de la concevoir et de l’interpréter. Ecrire avec des images est un enjeu de taille pour le dessinateur. De là, les expressions du visage jouent un rôle clé pour guider le lecteur vers le caractère du personnage, ce qu’il ressent, au moment où nous posons les yeux sur lui. Ainsi, la BD s’affilie avec le cinéma dans toute sa réalisation en amont : story board, contextualisation, prises de photos, étalonnage des couleurs… Tout importe et prend sens dans la création finale. La démarche du musée de l’imprimerie est salutaire : nous faire comprendre avec des thématiques équilibrées et ordonnées les raisons de sa place parmi les Arts. Nous comprenons les différents enjeux  de l’exposition à travers les pièces montées en chapitres, comme si un dessinateur tentait d’éveiller l’envie secrète du visiteur à dessiner, imaginer des récits fantasques comme dénoncer des causes qui lui tiennent à cœur. À tous les curieux et les BD-philes lyonnais.
Bande dessinée, l’art invisible au Musée de l’Imprimerie, Lyon 2e
Jusqu’au 20 septembre 2017

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