Deuxième édition haute en couleur du festival On Vous Ment !

Le festival On Vous Ment a dévoilé une deuxième édition riche en surprises et étendue dans de nombreux lieux culturels à Lyon, après une première édition à Sainte Foy-Lès-Lyon, aux abords de la ville. Le cœur de ce festival ? Présenter des documentaires sous un nouvel éclairage : les « documenteurs », ou comment les réalisateurs nous mentent à travers un genre qui se devrait conforme à la réalité. Certains réalisateurs n’hésitent donc pas à s’approprier le genre du documentaire pour en créer une fiction scénarisée par leurs soins, biaisée, politisée, faussement scandaleuse, en somme tout ce qui peut servir à rendre un documentaire plus attrayant. Sommes-nous donc déjà tombé dans le piège d’un documenteur ?

On Vous Ment propose durant ces trois jours d’aiguiser son sens critique afin de ne plus se fier aveuglément à tout ce qu’on nous montre. Autour de ce sujet, les quatre membres du jury du festival ont apporté leur opinion :
Alexandra Stewart : « Le documentaire est un point de vue donc il est forcément biaisé. Quand je tourne un documentaire, j’ai déjà fait un repérage, rencontré les personnes qui seront filmées, tout est déjà cadré et c’est ce qu’on décide de montrer au public. Sinon, tu fais du reportage ».
Ian Hart : « C’est toujours confus de savoir s’il y a du mensonge ou non dans un documentaire. Cela me fait penser à la télé réalité, dans laquelle la caméra suit la vie des gens sans qu’il y ait en apparence quelque chose de construit. Pourtant il y a toujours du drame. Parfois le documentaire est donc plus proche de la télé réalité que du cinéma ».
Stefania Casini : « Le fait de discuter de ce sujet entre déjà dans le cadre de la fiction ! (NDLR : conférence filmée) Aujourd’hui, nous sommes bombardés d’informations, donc le documentaire est nécessaire car il y a une pensée derrière, une réflexion. Ce n’est pas juste un gros titre dans un journal ».
Fabio Testi : « Les gens payent pour aller au cinéma, et s’attendent donc à vivre une histoire, à oublier leurs problèmes, ils veulent des acteurs qui leur donnent des émotions. Et les documentaires l’ont bien compris. Ce qui est intéressant, avec ce festival, c’est qu’il nous les présente en nous disant : on vous ment ».
Les courts et longs métrages jonglent ainsi entre la technique et l’imagination des réalisateurs. Les programmateurs du festival ont ainsi sélectionné des documentaires précis et délaye toute la panoplie des faux documentaires dont regorge l’histoire du cinéma. De l’horreur, au drame, en passant par la comédie, le documenteur traverse les époques et les styles prêtés à chacune d’entre elles.

Projection de King of the belgians (Lyon 2ème)

L’équipe de On Vous Ment a ainsi diffusé des courts et longs métrages surprenants, riches, intelligents. Autour de ce projet, une équipe de jeunes passionnés venus de tout bord. Une dynamique interne qui se déploie au profit d’un festival rare en France. Rare, car il ose, il explore, il n’a pas peur de demander à des pointures du cinéma d’être membres du jury. Il réinvente des espaces de commerces en salles de projection, comme à la Taverne de Gutemberg (bar Lyon 7ème) et propose un Skype avec le réalisateur d’un film tout juste visionné. On vous ment dose ainsi parfaitement la qualité d’une programmation soignée et la spontanéité des moments partagés et ouverts au débat.
Le public est jeune, les lieux chaleureux – cinémas d’arts et d’essais, cafés, MJC… -, le jury accessible – il est possible de discuter de cinéma indépendant avec Ian Hart pendant qu’il sirote un thé au citron -, si bien que nous nous sentons rapidement comme étant partie intégrante du festival. Ce qu’il nous apprend, surtout, c’est qu’à force de détermination nous pouvons entreprendre tout ce que l’on désire. La passion peut être et doit être un moteur à la création. Comme Fabio Testi a si bien conclu ce dimanche 4 juin, lors de la cérémonie de clôture : « Il faut continuer à faire du cinéma, si le talent est là, tu y arriveras. L’école et les études sont importantes mais l’art est nécessaire car il est l’unité du monde. La nouvelle vague, c’est ici, et maintenant ».
Festival On Vous Ment, les 2, 3 et 4 juin 2017
Article et propos recueillis par Clara Passeron
Merci à toute l’équipe du festival, Fanny pour l’accréditation presse, Nicolas pour l’interview, Lucas pour l’événement post-festival, et tous les bénévoles pour ces moments partagés

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