Vivant si partagé

Tu as trop de gens à voir,
Et tu ne vois plus personne
Tu t’isoles, sans paroles,
Paré d’un voile qui te rends noble
Tu n’as plus de temps pour toi,
C’est vrai,
Ni pour voir les autres,
Il parait.
 .
Alors les messages défilent,
Proposent un verre, un repas,
Sont parfois plus timides,
Demandent, courts et dociles,
Simplement comment tu vas.
 .
Le rituel pesant
Après la phase silencieuse.
C’est ça,
La mécanique huileuse
Des messages bien pensants
 .
Rien à redire,
Ça te fait même sourire,
Au fond
Ces gens sont pas si cons
Tu n’es juste plus comme eux,
T’es même plus aussi bon,
Ils méritent surement mieux.
 .
Devenant un passant,
Errant jusqu’à plus soif
Dans ta vie de désert
L’Oasis, lui-même, s’indiffère
Te te voir ramper.
Suffirait d’un visage,
D’un sourire familier.
Pour une goutte d’amitié,
Tu vendrais terre et mer.
 .
Fais vite,
Prends tes souliers
Ils seront là, les vrais,
Les amis,
Pas les roublards
Ceux qui attendaient
Comptaient les mois passés
Donnes-leur la chance de voir,
Qu’après les longues absences
Qu’avec cette expérience,
L’amitié reste là,
T’accueille,
Te sers la main,
Te fais même un clin d’œil :
Cette fois,
Tu seras plus malin.
© Clara Passeron