Le Sens de la fête d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Max, incarné par Jean-Pierre Bacri, est un organisateur de mariage. Un wedding planner comme la tendance le nommerait. Sauf que, loin des artifices et des mondanités qu’imposent son métier, Max aime la précision, la rigueur. Que ça file droit, en d’autres termes. Et pourtant, l’organisation d’un événement aussi traditionnel que le mariage laisse toujours place à de nouvelles crises. À ses côtés, Max à la chance, parfois l’inverse, d’avoir une équipe aux personnalités si riches que la changement n’est pas une crainte. Seulement, ce mariage va peut-être tout changer.
Le Sens de la fête est un long-métrage qui fait valser plusieurs personnages autour d’un Bacri imperturbable, presque maladroit dans sa fermeté et, en définitive, profondément attachant. Le film a le souci du rythme, n’hésitant pas à mêler dans des scènes déjà construites, aux acteurs déjà placés, d’autres situations rocambolesques qui parsèment le film de phrases cultes et de situations grotesques. Le spectateur est donc emporté dans cette énergie folle entre la mise en place, l’arrivée des convives et les diverses animations de la soirée. Les réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache nous ouvre la porte des coulisses de ces grandes réceptions en nous laissant toujours dans le suspense du moment présent : quel plus beau moyen que de vivre un événement ?
Dans l’importance accordée au rythme, il est nécessaire d’avoir de bons acteurs qui sauront restés justes dans le propos et dans l’ânerie. Ainsi défilent des figures connues comme Gilles Lelouche en chanteur presque italien et totalement égocentrique, Jean-Paul Rouve en photographe dépassé par son temps, Vincent Macaigne en ancien professeur frôlant la dépression (Les Innocentes, Eden, La Bataille de Solférino) ou encore Judith Chemla en jeune mariée douce et pure (Camille Redouble, La Princesse de Montpensier). D’autres, tout aussi bons, incarnent la fraîcheur de ce film. Parmi eux, Eye Haidara, qui incarne Adèle, la seconde de Max au franc parler qui ne plait pas toujours à ce dernier, et l’humoriste Alban Ivanov en jeune ingénu touchant mais désespérant.
Le Sens de la fête a su tirer profit de la mixité du casting pour proposer une comédie française qui n’est pas tout à fait réductrice à ce genre. Mêlant aussi vision politique plus générale, le film nous montre à quel point il peut être difficile de s’ajuster à tout le monde, de gérer les conflits et les différences des classes, des jeunes commis payés au noir face à des convives plutôt aisés, des points de vue, de l’organisateur au client, et des personnalités, tout simplement. À cela, Max détient cette phrase qui revient comme un message global donné au long-métrage : on s’adapte !
Le Sens de la fête d’Eric Toledano et Olivier Nakache – Toujours à l’affiche