Les photographies de David Alan Harvey

À travers les années et les régions du monde, David Alan Harvey a saisit de nombreux clichés recensés aujourd’hui sur un site internet éponyme. Déployant tout un univers autour de l’Homme et de la manière qu’il a à se dépenser, se libérer, s’empresser de vivre ou contempler.  On y voit défiler de nombreux visages, de simples passants à des familles ou personnalités amicales. Ces photographies, repérées dans les archives de Magnum Photos, webzine d’art et de culture, se tintent d’un mystère à la fois puissant et insaisissable : leur histoire. « Tell it like it is » est ainsi le nom donné à une série de clichés prise dans la fin des années 60, mettant en scène un couple et ses enfants de peau noire dans une Amérique encore peu soucieuse des difficultés rencontrées par certaines classes populaires. Mais la photographie ne sert pas ici que le documentaire. Elle sert l’art, et tout ce qu’il a d’universel. Ainsi sont illustrées, à travers le regard neutre du photographe, des bribes de vie dans toute sa complexité et sa variété.
Se mêlent embrassades, disputes, jeux, réflexion, moments conviviaux et solitude. Toute cette famille, c’est un bout de vie. C’est ce qui est. Sans artifices ni misérabilisme.

David Alan Harvey – Série Take it like it is #1

David Alan Harvey – Série Take it like it is #2

David Alan Harvey – Série Take it like it is #3

Les histoires sont donc faites pour être racontées, mais ne pensons pas qu’aux textes, à ce qui reste, ni aux paroles données sans contexte.
La photographie, elle, nous imposent une histoire. Et nous la prenons bien volontiers. Car il y a le plaisir, dans la photographie, d’imaginer.  Comment ces personnes en sont arrivées là, quelle pensée profonde les parcourt à ce moment donné, au moment T du bruit de capture de l’appareil photo. Sont-ils comblés ? Sont-ils paisibles ? La spontanéité s’y loge en Reine et nous montre qu’une capture du réel peut bel et bien se mouvoir.
Parcourant les photographies de David Alan Harvey, l’idée d’un carnet de voyage sème petit à petit notre parcours initiatique. Que nous soyons familiers de cet art, novice de la route ou peu sensible aux paysages, il y découle pour toute personne découvrant son art une sensation de richesse : nous en avons plein la vue, du noir et blanc aux couleurs, des lieux fermés aux plans larges de villes mouvementées, de plages bondées à l’intimité d’une chambre. Les atmosphères et les panoramas fluctuent, s’expatrient : on croirait prendre la route avec lui. Jamais dans la gène d’une pose ou d’un corps dénudé, notre œil intéressé caresse l’ensemble de ces clichés. On en ressort épris d’une folle envie, nous aussi, de nous laisser guider et happer par toutes ces vies.
David Alan Harvey créé donc du poétique avec du brut. Et c’est sûrement un beau résumé de ce que l’on cherche à atteindre sans cesse, à savoir la perfection. Le brut amène à une forme d’élégance puisée dans la spontanéité, dans l’irréfléchi. Comme dans nos soirées. Les images qui restent sont parfois celles dont on a pas eu idée, quelques minutes avant. Mais qu’on a prises, pourtant. Parce que c’était un beau moment, parce qu’il y avait un cadre, un sourire facile pendu au visage, et qu’il fallait donc dégainer. La nostalgie et la beauté s’ancrent parfois dans les plus simples des clichés.

David Alan Harvey – Série Beach Games

David Alan Harvey – Série Cuba

À découvrir.
Photographies aux droits réservés – © David Alan Harvey