La Formidable édition du Festival Lumière 2018

Jean-Paul Bemondo s’écrie : « C’est formidable ! » . Nous sommes à la soirée d’ouverture à la Halle Tony Garnier et l’acteur emblématique de Pierrot le fou signait la définition même de cette nouvelle édition.

Le top départ du Festival Lumière 2018 est donc lancé. Une édition qui se veut assurément proche de son public, lyonnais et d’ailleurs, grâce auquel elle a évolué, d’année en année, depuis 2009. Et le pari n’était pas gagné. Thierry Frémaux, pendant la conférence de presse du jeudi 11 octobre, tenue à l’Institut Lumière, nous disait : « Le Festival n’aurait pas pu devenir ce qu’il est aujourd’hui si nous n’avions pas eu le sentiment de nous faire plaisir et, surtout, de vous faire plaisir. Le principe, dès que nous avons pensé ce Festival, était de montrer des films anciens et de les faire présenter par des contemporains. Le pari était de taille, car il arrive qu’aimer le vieux cinéma ne soit pas partagé par les gens. Puis l’insulte absolue que nous recevions parfois était : ça ne fait pas un peu ciné-club ? (rires). Une manière, un peu méprisante, de reléguer les anciens films aux archives. » .

Thierry Frémaux présente à la presse la galerie consacrée à Chaplin – Rue du 1er film

Or, la culture à souvent permis de conserver et de reconstruire la France à des époques sensibles, socialement et politiquement. Aussi, le Festival Lumière s’attache à partager plus qu’un moment de cinéma, il apporte de la vie à l’ensemble des acteurs, bénévoles, cinéastes et amateur, fait adhérer son jeune public et remercie le fidèle.
La soirée d’ouverture de la 10e édition revenait en paillettes, aux couleurs du logo du Festival, sur les traces laissées par ces dix années de diffusions d’anciens films, de master class, de moments rares où nous pouvions croiser Quentin Tarantino dans une salle du Pathé Bellecour, dans le 2e arrondissement de Lyon; où le quartier de Montplaisir, berceau de création du 7ème art, devenait un quartier de cinéphiles, brocanteurs, curieux, de mélange festif entre la population d’ici et d’ailleurs et les invités spéciaux. Un fourmillement de pépites éclatées sur une semaine, ce fut la promesse de ce festival qui a su, aussi, garder un lien fort et une proximité avec les lyonnais. « Formidable », donc, de pouvoir entendre que les actions menée par l’Institut Lumière se prolongent : associations de réfugiés, d’aide à la réinsertion, diffusions de films à l’hôpital Femme-Mère-Enfant ou dans les prisons de Villefranche et Corbas. Une façon noble de dire, aussi, que le cinéma doit faire partie d’un quotidien, d’une réalité pour tous les foyers et tous les individus, mêmes hospitalisés, mêmes emprisonnés.
Les promesses de cette édition anniversaire ont été tenues, les hommages rendus, et quelques nouveautés, car il en faut, comme davantage d’avant-premières, avec Roma, Lion d’or à la Mostra de Venise 2018, de et présenté par Alfonso Cuaron et High Life de Claire Denis. Une manière, peut-être, de conforter l’ivresse des médias français face à la nouveauté et aux récompenses et de contrer les nouveaux modes de vie de consommation du cinéma à la maison, avec la plateforme Netflix. À cela, Thierry Frémaux répond : « Cela semble normal face à de nombreuses questions d’éloignement dans notre société actuelle. Un éloignement géographique, qui empêche les personnes de se rendre au cinéma, un éloignement social, certains ne savent plus faire, ne savent pas comment choisir parmi la multiplicité de l’offre, et un éloignement générationnel sur cette culture que nous avions de nous rendre au cinéma » . Mais il reste toutefois optimiste face au futur réservé à cet art : « Le cinéma a 130 années d’existence, il a un box-office, une critique, des affiches, c’est un travail différent. Notamment dans les films eux-mêmes, certaines réalisations ne peuvent être à destination de petits écrans comme les ordinateurs, tablettes ou smartphones. Le grand écran cerne le détail, a une certaine acoustique et offre une émotion particulière » . Le cinéma est mort, vive le cinéma !

Le public lors de la soirée d’ouverture – Halle Tony Garnier

Les invités sonnent l’ouverture de la nouvelle édition

Le marché du film – Ouvert durant toute la durée du Festival à l’Institut Lumière (Montplaisir, Lyon 8e)

Festival Lumière 2018 – 10e édition / Du 13 au 21 octobre 2018
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