Da Vinci s’expose à La Sucrière

La Sucrière accueille les œuvres du génie Leonardo Da Vinci depuis maintenant deux mois. Dans son immense site dédié à l’art et aux événements lyonnais, la structure propose une immersion totale dans l’univers du génie. Pendant quatre ans, ce sont plus d’une vingtaine de personnes qui auront travaillé sur cette exposition, regroupant croquis, maquettes, sculptures et divers objets du maître Da Vinci. Retour sur l’exposition, toujours d’actualité.

Leonardo Da Vinci ne se destinait pas de prime abord à la carrière de peintre célèbre que le monde connaît aujourd’hui. Il décortique les machines du domaine militaire avant de se concentrer sur l’Homme et son anatomie. L’Homme de Vitruve sera la parfaite jonction entre les chiffres prêtés aux domaines scientifiques et militaire et les proportions détaillées du corps humain, dans un homme en l’occurrence, exposé au regard de sorte qu’on puisse le décortiquer dans sa moindre musculature, dans sa plus parfaite symétrie. Da Vinci apporte sa pierre à l’édifice des pensées de philosophes, comme Pascal ou Schopenhauer, liant la science et les arts.

Seulement dans cette exposition, il est davantage question de son travail dans le domaine mécanique. Et le cadre de l’exposition s’y prête parfaitement : les hauts murs gris et les toiles tendues comme des écrans de projection permettent aux œuvres d’occuper toute la place. Lorsque celles-ci sont projetées, les formats à taille humaine posés sur des murets apportent une vision panoramique : La Sucrière joue donc avec la complémentarité des surfaces planes – projecteur et tableaux -, et en relief – maquettes des divers travaux de l’artiste -. Il y a donc un réel souci de l’aménagement de l’espace et des possibilités d’apprécier une œuvre. Giorgio Vasari, peintre et sculpteur du XVIe siècle dira de Da Vinci :

« Le ciel rassemble parfois en un seul être ses donc les plus précieux »

De quoi prendre ces instructions au pied de la lettre pour la Sucrière, nous prouvant par une exposition riche et complète que Leonardo Da Vinci n’était jamais dans l’oisiveté ni dans l’à-peu-près : perspective, minutie, pointillisme semblable aux grains d’une photographie transparaissent de la pluralité des savoir-faire de l’artiste.
L’exposition met également l’accent sur le peu de peintures que le peintre laissera derrière lui, se concentrant ardemment sur ses projets mécaniques de taille. Quinze à vingt peintures suffiront donc pour créer la singularité énigmatique de ses toiles, dont sa célèbre Joconde réalisée en 1503.

Riche comme la vie de son sujet, l’exposition Da Vinci est ingénieuse et propose une pluralité de supports pour recréer l’âme inventive de l’artiste. À faire.

Da Vinci à la Sucrière, 49-50 Quai Rambaud, 69002 Lyon
Jusqu’au 13 janvier 2019
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