Le Lyon Street Food Festival : quand les grands chefs reprennent les codes de la rue

Du 12 au 15 septembre 2019 a eu lieu la quatrième édition du Lyon Street Food festival. Une proposition simple amenée en 2016 par les Subsistances visant à joindre Chefs, recettes et musiques du monde. Si les premières éditions furent mitigées dans le cœur des lyonnais, le Street food festival a semblé entendre ces critiques. Tarifs jugés élevés pour la quantité proposée et gestion de la foule approximative, l’organisation a proposé des solutions. Avec l’application Lyf Pay, le festivalier paye avec son propre smartphone. Petit plus : si l’application était téléchargée pour la première fois sur place, un coupon de 3 euros était offert. De quoi s’offrir la première portion pour quelques euros seulement. Ces nouveaux systèmes de paiement laissent argent liquide et CB au fond de notre sac. Pas d’argent qui circule, donc, pour un mouvement de foule plus fluide et maîtrisé. Bon point pour le festival. 

Pourquoi la street food tend à s’installer à Lyon, et autres villes

Qui dit street food dit… De la nourriture dans la rue. Bon, ceci est la traduction littéraire car en vérité, il ne s’agit pas que de cela. La street food est plutôt une culture et un art de vie. Elle permet aux passants de profiter d’un met authentique, préparé sur place en quelques minutes, tout en vaquant à d’autres occupations. La street food est, à juste titre, reconnue comme un incontournable lorsque l’on visite certaines régions du monde. On pense aux camions de hot-dogs new-yorkais, mais aussi à Berlin, où se niche le meilleur kebab des environs, le Mustafa’s Gemüse Kebap. On se rappelle aussi de cette étrange saucisse au curry, la currywurst, qui attise plus la curiosité qu’elle n’est exceptionnelle. Cuisinée à chaque pâté de maison, elle est aussi là pour ravir les fidèles du Routard. Manger dans la rue, c’est donc vivre une expérience culinaire d’abord, mais aussi s’immerger dans les habitudes des résidents. Se plaire à imiter leurs us et coutumes le temps d’un déjeuner, le temps d’un instant.

« Manger dans la rue, c’est donc vivre une expérience culinaire d’abord, mais aussi s’immerger dans les habitudes des résidents. »

La street food dont il est question ici, au Lyon Street food festival, se veut plus travaillée et re-dorée d’un zeste de haute gastronomie. Quand les cuisiniers.ères formés par des chefs tels que Bocuse, Olivier Paget, Marie-Victorine Manoa ou Jean-Luc Vianey s’activent aux fourneaux, le résultat ne peut qu’être parfait. Avec Philippe Bernachon pour clôturer cette promenade par des notes sucrées, et surtout chocolatées, la boucle est bouclée. De nombreux restaurants relèvent le défi de mettre leur cuisine en plein air comme Le Baràgones, le Kaffee Berlin ou Le Bistrot du Sucré. Pour les addicts du street food lyonnais, et des festivals de la région, les burgers du Sous-Marin Jaune ou le traiteur italien Papa Gusto étaient présents. Ces Cheffes et Chefs ouvrent donc leurs horizons en cassant littéralement les murs de leurs instituts, salles et cuisines et assistent en live aux réactions des goûteurs. Satisfaire sa clientèle et comprendre ses envies sont des challenges permanents qu’il semble parfois intéressant de ranimer. Surtout pour ces grandes occasions.

Un voyage culinaire entre Kobé, Madrid, Hong Kong et la Finlande

La notion de voyage n’est pas anodine : qui dit voyage dit tous ses sens en éveil. Car si le palais est sollicité à plusieurs reprises, la vue, les odeurs, et l’ouïe sont également mises en éveil. Le Lyon Street food festival s’attache donc à proposer pléthore d’animations pour s’éviter la casquette d’un simple rendez-vous de food trucks. D’abord, dans sa programmation musicale, éclectique et locale : Arnaud Rebotini, Voyou, Puppetmastaz, autant de musiciens à l’expérience confirmée que de variétés de styles. À cela, quelques animations comme le Karaokéchorale, un karaoké où il fait bon brailler… chanter tous ensemble des airs de Céline Dion. 

Festivalière sur les deux premiers jours, le jeudi et le vendredi, je peux souligner cette énergie folle qui se dégage de cet événement. Y allant sans attentes particulières et connaissant l’environnement des Subsistances, ma surprise fut de taille. Tous s’affairent à rendre ce lieu unique pour quelques jours, que ce soit les organisateurs, les animateurs des ateliers – clin d’œil à Alexandre pour sa dégustation de vins de –, et bien sûr les festivaliers eux-mêmes. C’est tout sourire que les corps se meuvent de plats en plats, de verres en verres, de concerts en ateliers. Les chefs apportent aussi une tonalité particulière à l’ambiance générale. Ce travail co-construit est le fruit d’origines ethniques différentes et d’une même passion pour les mélanges, la création, le dressage et le partage. Un soin particulier est porté aux produits et aux traditions. Chacune de ces régions nous invitent dans les foyers de ses habitants. Et comme on le disait plus haut, c’est à cela que la cuisine de rue excelle.  


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