Réparer les vivants de Katell Quillévéré

Au Havre, Simon a un accident de voiture qui le laisse en état de mort cérébrale. Au même moment, dans la région parisienne, Claire est en attente d’un cœur. Réparer les vivants s’intéresse à la vie chamboulée de deux personnes, Claire et Simon, après un accident qui les mettra indirectement en relation. Une mère, fragile et solitaire, et un adolescent, vif et amoureux. L’un va mourir, l’autre va survivre. Entre les, deux, plusieurs personnes et un seul cœur, aux battements toniques. Réparer les vivants est un film sur la transmission, le rapport à l’autre, l’attachement. 
 
La première réussite de la réalisatrice est de mêler les histoires dans un long-métrage tout en évitant le film chorale. Les vies de chaque acteur qui vont se presser autour de cet organe vital sont passées en revue par des petits morceaux de leur personnalité : parents, proches, personnels de l’hôpital. Ces bribes de leurs vies nous présentent ces personnes comme étant à part entière. Cette succession efficace nous permet de nous évader de brefs instants, qui libère quelques émotions positives autour du drame de la perte d’un fils. La réalisatrice supprime tous les éléments qui pourraient créer le pathos et enfermer le film dans la catégorie « drame ». Tous se livrent à un jeu d’acteur pur et efficace. Le film est porté par des prestations brèves mais essentielles au corps du long-métrage. Le personnage d’Alice Taglioni, qui est une pianiste douée à la relation équivoque avec Claire, n’est présente que dans quelques scènes, parsemées dans la solitude de Claire, et a pourtant un rôle majeur. Par son regard, ses gestes doux, elle brise les murs de son isolement et l’encourage à faire les démarches de la greffe d’organe sans même à devoir le lui dire. Les mots se disent dans l’amour que ces femmes se portent. 
Peu de flashbacks sur la vie de Simon préparent le spectateur à la suite et évitent l’attachement et la frustration. Cette omission bien pensée nous oriente davantage vers la vie et moins vers la mort. Et la finalité du film y réside : quand il y a de la mort, il y a toujours l’espoir de donner la vie.
Le don est d’ailleurs un thème important de Réparer les vivants. Il y a évidemment le don de l’organe, essentiel pour traverser ces personnes et ces histoires. Puis il y a plus discrètement le don de soi, car chaque protagoniste va se livrer corps et âme vers la réussite de cette transmission. Le don par sa présence, par son temps, son énergie. Tous s’activent autour d’une même envie de pouvoir faire une bonne action, même quand la fin n’est pas la plus heureuse.
Katell Quillévéré utilise des parallèles intelligents tout au long de ces deux histoires. Bien que celle de Simon soit vite et volontairement livrée, nous percevons des similitudes entre ce passage de flambeau. Nous retrouvons par exemple la scène de Simon et de ses amis dans une voiture qui borde l’océan, qui est l’une des premières scènes, où les trois garçons sont sur les épaules de l’un et l’autre. Plus tard dans le film nous retrouverons les fils de Claire dans la salle d’attente de l’hôpital. Ces rapprochements tissent un lien fort entre ces deux personnes, unies par ce qui fait l’essence d’une vie : le cœur.
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Sortie prévue le 02 novembre 2016
© Pour le dire
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2 réflexions au sujet de « Réparer les vivants de Katell Quillévéré »

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