Vivant si partagé

Tu as trop de gens à voir,
Et tu ne vois plus personne
Tu t’isoles, sans paroles,
Paré d’un voile qui te rends noble
Tu n’as plus de temps pour toi,
C’est vrai,
Ni pour voir les autres,
Il parait.
*
Alors les messages défilent,
Proposent un verre, un repas,
Sont parfois plus timides,
Demandent, courts et dociles,
Simplement comment tu vas.
Le rituel pesant
Après la phase silencieuse.
C’est ça,
La mécanique huileuse
Des messages bien pensants
Rien à redire,
Ça te fait même sourire,
Au fond
Ces gens sont pas si cons
Tu n’es juste plus comme eux,
T’es même plus aussi bon,
Ils méritent sûrement mieux.
*
Devenant un passant,
Errant jusqu’à plus soif
Dans ta vie de désert
Suffirait d’un visage,
D’un sourire familier.
Pour une goutte d’amitié,
Tu vendrais terre et mer.
*
Fais vite,
Prends tes souliers
Ils seront là, les vrais,
Les amis, pas les roublards
Ceux qui attendaient,
Comptaient les mois passés
Donnes-leur la chance de voir,
Qu’après les longues absences
Qu’avec cette expérience,
L’amitié reste là,
Te reprends, te sers la main,
Te fais même un clin d’œil :
Cette fois, tu seras plus malin.
© Pour le dire