Dans les rues de Paris, 

il y a comme un silence après l'accident. 

Les rues sombres, coupées d'électricité, 

et quelques bars éclairent partiellement la rue 

des quelques verres remplis 

de touristes hébétés.

Y a comme un sentiment 

de calme dans la tempête, 

d'un écho d'après chaos, 

de perte de repères 

entre les poubelles décharnées, 

l’eau qui monte dans le caniveau, 

les feux éteints par les câbles brûlés.

Il y a ces tags qui marquent la ville 

de rouge, de vert, de bleu. 

Ce monsieur dans sa boutique pillée, 

accroupi au comptoir 

et qui regarde son téléphone, 

vidé d’espoir. 

Il y a cette pharmacie dont la vitre est étalée sur le sol.

Un morceau de bois 

pour cacher le néant. 

Comme un masque neutre pour cacher le comédien, 

l’immobile pour cacher le vivant.

Ça vrombit encore, au-dedans. 

Dans les rues de Paris. 

Ça sent la révolution à venir, 

les premières étincelles de l’embrasement.


Texte : pour le dire Photographie : Céline Escolano