Julia Ducournau (Grave, Titane) revient avec un film présenté en sélection officielle du festival de Cannes 2025. Sans doute moins ovniesque que son précédent long, mais tout aussi familier avec le sensible, le gore, le malaisant.

Un virus circule en France. Alpha, jeune adolescente de 13 ans, semble être infectée. Sa mère, médecin, fait alors son possible pour l’aider mais est dépassée par la méconnaissance médicale autour de ce virus.

Si l’on pense à la pandémie du VIH des années 80-90 et plus récemment à la crise sanitaire du Covid, Julia Ducournau nous plonge dans un univers qui ne s’ancre pas réellement dans une époque. Comme avec Grave, la cinéaste nous plonge dans le regard d’une jeune femme forte, aux yeux innocents mais éveillés. Alpha semble alors découvrir la maladie en même temps qu’elle découvre sa féminité, le désir, la violence, l’impuissance. 

La réalisatrice choisit ses comédiens et comédiennes à la perfection : Mélissa Boros (Alpha), Tahar Rahim, Golshifteh Farahani, Emma Mackey, Finnegan Oldfield. Un savant mélange d’une nouvelle génération surfant entre les plateaux d’Hollywood et les projets indépendants. 

Mais malgré quelques éclats, le scénario semble errer dans une boucle. Comme une sensation d’essai, de mise en place d’un projet (peut-être plus adapté en court ?) Alpha nous laisse un goût d’inachevé en bouche malgré ses nombreuses qualités. Dommage.

Photographies © Frakas Productions – Mandarin Compagnie – KALLOUCHE CINÉMA
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