American Ultra relate les trois jours qui ont transformé la vie de Mike Howell, jeune homme flâneur d’une petite ville des Etats-Unis. Son quotidien devient soudain un film d’action dont il se trouve être le héros. Sang, violence, hélicoptères et explosions désordonnent sa routine d’ado-adulte lambda.
Les premières impressions résonnent comme une sentence fatidique : « Ce sera un film supra-américain« . Évident, lorsque l’on lit le titre de ce dernier opus, réunissant producteur et acteurs familiers des blockbusters pour ados de ces dernières années.
Mais noyées dans une violence absurde où le faux sang gicle à la manière d’un Tarantino et où les coups portés par cet antihéros sont aussi incertains que dans Kick Ass, on en décèle de petites touches artistiques appréciables. L’accumulation de plans poitrine nous donne envie de nous intéresser davantage à ce couple d’infortunés opposés à toute responsabilité, autant qu’il nous ait donné l’occasion de nous immiscer dans leur intimité propre ou dans leur vie de couple. La caméra qui fixe ces personnages nous oblige à développer un attachement presque inévitable dans ce carnaval de situations grotesques : un jeune plus familiarisé aux joints qu’aux heures de travail, une petite amie qui s’accroche à une histoire fragile, un dealer aux allures risibles de caïd et des agents de la CIA qui se battent plus contre eux-mêmes que contre leur cible. Un blockbuster tourné en dérision, vous l’aurez compris.
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Ce n’est donc pas par le scénario lourd et satyrique qu’American Ultra vaut le détour, mais par des gouttes de finesses distillées modérément sur la pellicule. Ces moments nous poussent à croire en eux, et donc à nous identifier. La bonté se cache dans les faux semblants de l’un ou dans la folie de l’autre. N’est-ce pas dans les décombres, quand on a frôlé la mort, que la rédemption jaillit et que les sentiments les plus sincères apparaissent ? Jesse Eisenberg incarne ce canard boiteux touchant, qui s’étonne sans cesse de ses capacités secrètes face à l’ennemi.
Un film joue les équilibristes entre second degré et clichés mais surmonte l’épreuve par un relent d’optimisme et de sang neuf. Le mérite revient tout de même à ses personnages braves et séduisants.
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