Antarctica est l’exposition phare du musée des confluences depuis le mois d’avril 2016, promotionnée essentiellement cet été et présente jusqu’au 31 décembre 2016. Elle décore les quelques salles dédiées à l’éphémère de matériels de plongeurs, d’écrans immersifs et d’infographies ludiques sur la faune de l’Antarctique.

Chercheurs et réalisateurs se sont accordés pour recréer l’atmosphère unique que provoquent ces grands espaces immaculés et ces trésors maritimes où tout reste encore à découvrir. Nous sommes conviés à rencontrer les empereurs de ce royaume de glace, que nous saluons à travers des dispositifs essentiellement audio, favorisant la proximité entre le sujet étudié et le visiteur. Aux allures de reportage animalier, mêlant technicité et images sublimes, Antarctica salue dignement son prédécesseur du grand écran La Marche de l’Empereur. La rythmique est lente et nous regardons avec attention et sympathie ces petits êtres, individuellement et en communauté, appréciant le silence que procure les images.

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Antarctica peine parfois à livrer la même émotion que certains reportages ou films dédiés à cette partie du globe car l’espace dans lequel elle œuvre est différent. Nous ne sommes pas spectateurs, mais visiteurs. Dans une exposition, nous pénétrons dans un espace qui nous permet de tenir un rôle : selon notre disposition dans la salle, l’ordre des informations prises en compte, l’abstraction volontaire ou non d’une œuvre, nous changeons le cours d’une exposition et la rendons unique. Antarctica propose cependant de courts métrages, assemblés pour créer une unité entre la phase de préparation, d’exploration et de rencontre avec l’animal polaire. L’exposition devient alors un film tissé entre les salles du musée. Plus aisé, par ce medium, d’adhérer à l’univers de la glace et à ses sensations. L’audiovisuel est toujours un sujet sensible dans les arts : il peut plaire à certains, comme laisser un sentiment de frustration pour d’autres qui souhaiteraient explorer l’Antarctique à travers d’autres supports que le film. Mais dans les Arts, tout est une question de contexte et de propos : ici, le Musée a fait le bon choix en rendant ludique, informatif et accessible un univers finalement peu familier.

La salle finale en 360° défie la surface plane des écrans. L’immersion est de mise, et la photographie pure et infinie offre à Antarctica les émotions attendues du thème de la biodiversité polaire, époustouflant et apaisant.

Antarctica est une jolie aventure, peut-être incomplète, ouvrant des espaces rarement explorés. Le Musée des Confluences signe une expédition risquée et s’en sort avec brio.

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