Bâtir des immeubles en France n’est jamais anodin. Le centre-ville est relativement aéré et les immeubles bas, et par-delà le périphérique, on voit plutôt des immeubles hauts, serrés, aux fenêtres plus petites.

Notre habitat nous façonne-t-il dès notre naissance ? C’est l’une des questions que tente de poser sur scène Salim Djaferi, français d’origine algérienne, qui a grandi dans le 93 en Seine-Saint-Denis dans un périmètre constitué de barres, de tours et de hauts immeubles.

En entamant ce travail de recherche comme une conférence, Salim Djaferi nous captive déjà par sa voix douce, mesurée, éloquente. Avec des gestes bien précis, il crée un langage commun entre le public et la scène. Nous savons rapidement que deux bras tendus au devant veulent dire “périphérique” et deux bras tendus sur le côté veulent dire “barre d’immeuble”. Le texte, co-écrit avec Clément Papachristou et Marie Allié, fait circuler les idées avec fluidité, créant des ponts entre les différentes réflexions.

La mise en scène, minimaliste mais efficace, porte pleinement le texte et son propos : regarder au-delà de son habitat et, donc, des apparences.

Bâtir par Salim Djaferi, création 2026 
📸 © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Du mardi 18 au samedi 22 mai 2027 au Théâtre Public de Montreuil