Une chaise, du son, un comédien, c’est déjà faire théâtre. Julie Bertin a retranscrit les moments de vie de bascule d’une centaine de personnes. Ces bribes de vies, ou vies complètes étalées sur plusieurs heures de discussion, amènent à Bientôt le jour.


Faire des choix, au théâtre, est un crève-cœur pour beaucoup d’artistes. Choisir qui l’on raconte, choisir quel parcours, quel axe. Julie Bertin écrit sa pièce autour de sept parcours : Monika, autrichienne de 45 ans. Eduardo, espagnol de 91 ans. Amadon, camerounais de 34 ans. Anastasia, américaine de 27 ans. M., indienne de 32 ans. Roberta, italienne de 52 ans. Maxime, français de 17 ans. Des vies sensiblement différentes, mais reliées par l’envie de se soulever d’une situation qui leur paraissait insurmontable.


Autour de l’ocre et de la terre, on voit dans cette immense fresque la forêt, une mappemonde, un tableau biblique.Le sens s'adapte alors au récit de chaque personne. Bientôt le jour puise alors sa force dans cette volonté de nous faire oublier la représentation pure et d'écouter, ressentir, plutôt que voir.


Après Les Suppliques, crée par le collectif Birgit Ensemble, la metteuse en scène Julie Bertin semble continuer le travail de « dire » : raconter les trajectoires humaines dans leur singularité et créer du commun par le plateau de théâtre.


Article Les Suppliques : https://www.pour-le-dire.fr/les-suppliques-de-julie-bertin-et-jade-herbulot


Photographies © Birgit Ensemble 

© Pour le dire