Dans la famille de Bastien, on trouve plusieurs parents, des demi-sœurs, des demi-frères, un joyeux bazar qui fonctionne sans moindre peine durant treize ans. Seulement après mûre réflexion du jeune homme, pourquoi ne pas inverser les rôles et imposer aux parents leurs rythmes et leurs emplois du temps avec leur propre chez eux ? À sept dans un appartement inoccupé aux chambres et aux opportunités infinies, ils vont apprendre à vivre ensemble, à organiser la semaine comme ils l’entendent, et tenter de faire accepter ce mode de vie aux plus grands de la famille.
Bon. Un titre allusif aux comédies françaises familiales pleines de bons sentiments, où tout bascule au plaisir des enfants. On aurait pu croire à un énième long-métrage avec une bonne formule, deux trois bonnes bouilles et en avant pour une heure et demie de néant. Du moins, c’est ce que j’avançais avant d’ouvrir les portes de la salle obscure. Et bien non. La comédie de Gabriel Julien-Laferrière porte un charme rare, parce qu’elle ose le « bordel », le vrai, pas le lisse avec trois posters pour croire à une chambre d’adolescent lambda. Elle cerne l’enfance et les questions que l’on se pose à 5, 13 ou 17 ans. Elle ose le conflit, l’embarras, les incompréhensions de couple en ne filmant que l’essentiel, tout juste pour comprendre, à la manière d’un Boyhood de Richard Linklater. Elle pénètre dans chaque histoire de ces trois familles croisées et ces sept enfants désabusés. On lit en eux et on découvre leur caractère, leur sensibilité.

Il en va de même du côté des parents, qui vont rejoindre la nouvelle demeure. Ces couples déconstruits alimentent ce foyer de l’absurde, posent un rythme différent, sans pour autant perturber les premiers installés. Entre suractivité, émotion et jeux de rapprochements, tout semble converger vers la guérison des cœurs ébranlés et des maux de la jeunesse. Le réalisateur joue sur ce double rythme, imposant tantôt une vitesse essoufflante tantôt un plan rapproché et un rythme lent sur une scène qu’on ne jugerait pas à première vue essentielle. Peut-être est-ce là le vivier de ce film ? Nous ne comprendrons pas tout du passé, mais nous captons le juste nécessaire qui aide à fluidifier le film. Tant de personnages et d’histoires auraient pu mener à la catastrophe, mais le soin apporter aux détails et aux choix de ne pas entrer dans les détails portent le film vers l’une des plus agréables comédies du genre de l’année 2016. Avec en prime un casting séduisant (Philippe Katerine, Chantal Ladesou, Lucien Jean-Baptiste…).
Sortie prévue en août 2016