Quand on arrive à la capitale, on nous dit qu’il y a des metteurs et metteuses en scène à voir absolument. C’est le cas d’Angélica Liddell.
Dans sa nouvelle pièce, jouée mais également publiée chez Les Solitaires Intempestifs, Angélica Liddell utilise Bergman comme un cadre mais aussi comme un prétexte de rendre une ode à la mort publique. La mort de tout : de l’amour, du sacré, de la foi, la mort tout court. Elle nous livre ses entrailles sur un plateau d’argent, n’en déplaise à la sensibilité de certains spectateurs.

Angélica Liddell ne joue pas, elle incarne, elle brutalise nos opinions et notre ego, détruit tout sur son passage. Alors nous sommes désormais au même niveau : artistes de sa compagnie, figurants, spectateurs ; nus devant une série de questions ouvertes sur notre intime le plus cru.
Volontairement choquante comme pour nous réveiller, lie amorphe venue recueillir le sacré dans ce temple qu’est le théâtre, Angélica Liddell nous révèle des facettes sensibles de son intime. Bergman, une passion dévorante pour ce cinéaste découvert à l’adolescence, son regard en coin sur les critiques qu’elle discrédite autant qu’elle considère, son père, sa mère.
Quand on ouvre le cœur de l’artiste, ne trouvons-nous pas à chaque fois les blessures de l’enfance ?
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Photographies © Luca Del Pia – Alexandre Quentin
© Pour le dire
