C’est beau, les films de femmes faits par des femmes. Après un César du court-métrage, la réalisatrice Alice Douard déploie son talent autour de la même thématique avec Des preuves d’amour. Il est question de maternité, ou plutôt de co-maternité. Du regard qu’a la personne qui se tient aux côtés de celle qui porte l’enfant.

La cinéaste a choisi son casting et cela se ressent intimement dans la direction de comédiennes et comédiens. Tout le monde est doux, tendre, et la caméra se pose avec intimité sur eux. Des comédiennes principales Ella Rumpf, Monia Chokri et Noémie Lvovsky aux rôles secondaires comme Jeanne Herry (réalisatrice de Pupille, qui explore une thématique connexe à cette histoire), Félix Kysyl ou Julien Gaspar-Oliveri, chaque personne est franche dans son humanité, ses débordements, ses imperfections.

Des preuves d’amour nous montre aussi ce que le cinéma révèle rarement : les premières minutes de la maternité. Ces quelques moments suspendus où les doutes et les frayeurs de longs mois d’attente disparaissent au regard d’un petit être qui sera désormais le nôtre. Cette aventure extraordinairement effrayante qu’est la maternité, contenue dans un écrin de douceur.

Alice Douard confirme donc, par le sujet, par sa direction d’acteurs, la photographie et le cadre, et par la musique qui nous porte tout du long, qu’elle arrive parmi les grands cinéastes pour se frayer une place légitime à leurs côtés.

À voir.

Photographies © Les films de June – Tandem
© Pour le dire