Chez Jim Jarmusch, il n’y a pas que les dialogues : il y a la manière de diriger les comédiens, les silences, tout ce qui circule à l’intérieur des personnages. Ce qu’on ne dit pas à ses proches, tout ce qu’on aimerait dire, et ce qu’on aimerait entendre.

Les relations familiales sont un terrain idéal pour explorer ces non-dits, ces évitements, ces maladresses qui s’installent entre des êtres pourtant liés. Jarmusch observe ces tensions avec méthode, et propose un film riche dans les réflexions qu’il engage.

L’exercice est méthodique, faste dans la réflexion qu’il engage, mais reste un peu superficiel à mon goût. C’est  une première couche fine de lecture de ces vies que l’on traverse brièvement, comme si le réalisateur nous disait : à vous d’inventer ce qu’il y a eu avant, et ce qu’il y aura après. Un instant capturé, presque volé, à une famille.

Le film fait penser à Paterson (critique du film ici), mais sans sa poésie. Peut-être qu’un film de Jim Jarmusch se respire sur le moment, pour mieux infuser après. Reste à voir l’empreinte qu’il laissera avec le temps.

Photographies © Les films du losange – Saint Laurent Production – Mubi
© Pour le dire