Une famille d’origine roumaine arrive en Norvège, pays d’origine de la mère, interprétée par Renate Reinsve. Le père, incarné par Sebastian Stan, s’intègre assez vite grâce à la communauté religieuse, qui l’accueille et lui trouve une place dans un bureau. Mais assez vite, le décalage entre une société norvégienne laïque, ou pudique, et leurs us et coutumes tournés vers la pratique religieuse crée un fossé.
Le film prend un tournant à son premier tiers, assez intéressant : celui d’un presque thriller, lorsque la famille est accusée de maltraitance envers les enfants sous prétexte qu’elle est conservatrice, et donc, raccourci faisant, qu’elle a des méthodes éducatives punitives et archaïques. Soit. Mais le film s’enlise dans ce procès dont on connaît un peu l’issue d’avance : non, toute une société ne changera pas même si elle admet qu’elle s’est trompée.
Le film aborde les sujets du vivre-ensemble, du communautarisme et cerne les limites du multiculturalisme. Le regard semble toutefois biaisé, prêtant à cette famille religieuse et conservatrice assez vite patte blanche, nous avons tout de même à réfléchir sur l’hypocrisie et les limites de notre soi-disant ouverture d’esprit. Mais le film interroge-t-il réellement ces contradictions, ou choisit-il finalement trop vite son camp ?
Le scénario est intéressant, bien qu’enfonçant des portes ouvertes, et ce qui sauve alors considérablement le film est la tenue de ses comédiens, de ceux installés comme Sebastian Stan, Renate Reinsve, mais aussi des familles, des enfants, qui recréent avec justesse les non-dits et le mépris latent envers des personnes qui n’ont pas les mêmes modes de vie ou croyances.
Avec Sebastian Stan, Renate Reinsve, Lisa Carlehed
Au cinéma actuellement.
