Est-ce que l’art est politique ? OUI.

Dans cette nouvelle création, Jean-Christophe Meurisse et Les Chiens de Navarre explorent le sujet des violences psychologiques et physiques faites aux femmes. “Une femme meurt tous les trois jours des coups de son mari en France.” Que fait la justice ? Que fait la société ? Que font les médias ?

En explorant la thématique à travers deux prismes : une femme qui subit cette violence et un humoriste de radio publique hautement écoutée par les Français (au logo blanc et rouge, vous voyez ?) qui en fait une blague. Le metteur en scène et la troupe des Chiens de Navarre poussent la satire jusqu’à la jubilation, dénonçant avec fermeté et humour.

Je recherche ce frisson qui surgit là où le désespoir flirte avec le burlesque” précise Jean-Christophe Meurisse pour La Villette, en octobre 2025. Lieu qui accueille la pièce et pour lequel l’écriture s’affine sur le plateau, haut lieu du 19e arrondissement de Paris qui accueille des parents bobos qui boivent du matcha et font des cours de yoga. L’audience rit, car elle se reconnaît un peu.

La mise en scène devient un plateau de cinéma, avec techniciens et générique, rendant les transitions jubilatoires, entre musiques bien senties comme Son Lux et son Easy (que l’on retrouve dans la bande-annonce de Mon Roi de Maïwenn, qui traite de la violence psychologique d’un homme et du chemin d’une femme pour s’en sortir), ou encore Save Me d’Aimee Mann.

Si le rire est une arme, le propos vise juste, même s’il devient, sur la durée, un brin consensuel. Bien sûr que la violence faite aux femmes est une atrocité et qu’elle est condamnable. Le tribunal est-il alors nécessaire ? C’est parfois comme enfoncer une porte ouverte de la bonne morale.

Interrogeant la limite entre l’humour et le drame, I Will Survive tient néanmoins en sa poigne les idéaux fondamentaux du théâtre : dénoncer, informer, divertir, pour continuer à faire circuler.

Photographies © Fabrice Robin pour La Villette
© Pour le dire