L’amour est un sujet philosophique, sociétal, politique. Il est un rapport intime de soi à soi et de soi aux autres. Comment savoir si l’on vit le même amour que celui ou celle qui partage notre vie ? Et si tout ça n’était qu’une grande et parfaite illusion ? Le collectif On finira bien par comprendre empoigne le texte d’Ivan Viripaev comme une partition à quatre temps, où deux couples âgés viennent chanter leur amour individuellement. Seulement, ces deux hommes et ces deux femmes ne semblent pas partager la même vision des choses. Avec beaucoup d’entrain, rompant souvent avec le rapport théâtral classique grâce à l’utilisation des lumières de service pour échanger avec le public, les quatre comédiens jouent sur un fil d’équilibriste. Quelle histoire est réelle ? Celle qui se joue sur scène ou celle qui se raconte avec le public ? La mise en scène minimaliste permet alors de tout entendre du texte : notre regard et nos oreilles se dédient à l’énergie des comédiens, entièrement dirigée vers la transmission de cette histoire. Illusions est donc un texte que l’on apprécie réentendre au théâtre, tant la jeune génération qui s’en empare le décortique, le mâche et use de ses quinze années d’existence pour ironiser l'amour sans jamais ridiculiser ses personnages. Un récit moderne qui fait écho à la solitude amoureuse, même dans nos plus belles histoires d'amour.
Photographies © Vahid Amanpour
