Le Festival d’animation d’Annecy est souvent garni de jolies pépites dans sa programmation. Encore marquée par J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin ou encore Your Name de Makoto Shinkai, je trouve que les films d’animation ont en eux cette poésie douce-amère qui nous fait basculer entre le monde des adultes et celui de l’enfance, entre pureté et découvertes. Avec In Waves, la réalisatrice Phuong Mai Nguen anime les dessins de la bande dessinée éponyme d’AJ Dungo. Un roman graphique, si l’on veut être précis. Car l’histoire y est si profonde, tragique et humaine qu’elle semble appartenir davantage au roman qu’à la bande dessinée telle qu’on la connaît dans l’imaginaire collectif. Phuong Mai Nguen emprunte donc au 9e art pour le remettre au cœur du 7e art, où le son, l’animation et la musique donnent de nouveaux reliefs aux pages d’AJ Dungo. De la couleur, aussi. La réalisatrice préfère les couleurs vives aux nuances bleutées de la bande dessinée, comme pour nous dire qu’elle choisit la vie plutôt que la nostalgie. Une histoire d’amour intemporelle, et, pour cela, tragique. Car les plus belles histoires ne viennent-elles pas des drames classiques ? (dixit Une année italienne). “It comes in waves.”
Photographies © Silex Animation © Pour le dire
