Rio de Janeiro, années 70, Eunice (Fernanda Torres) et Rubens (Selton Mello) coulent des jours heureux avec leurs enfants dans une maison à deux pas de l’océan. Les allers et venues à la plage rythment les week-ends et la petite tribu d’enfants se métamorphose en des êtres plus grands, avec des pensées sociales, politiques. L’aînée, Veroca, a des envies de rébellion dans un gouvernement sous dictature militaire. Le père, plus discret, est aligné avec ses idées. Tandis que Veroca est envoyée à Londres, Rubens, reste. Les militaires sonnent un jour à leur porte.

Une dictature en toile de fond

Je suis toujours là raconte en filigrane la prise de pouvoir dès 1964 de l’armée, renversant le gouvernement du président João Goulart accusé de sympathie communiste. La chasse aux sorcières commence alors. Tout suspect affilié de près ou de loin à ce parti est emprisonné, torturé, et ne retrouvera parfois jamais les siens. Parler d’une époque est toujours plus poignant à travers le prisme de l’intime. Et le cœur battant de cette famille, c’est Eunice. Incarnée par l’excellente Fernanda Torres (Golden Globe de la Meilleure actrice pour ce rôle), Eunice reste forte et battante face à la disparition de son mari.

Comment survivre dans l’ignorance ? Réconforter ses proches, quand on ne sait pas soi-même ce qui arrive ? Cultiver ce petit brin d’espoir, qui nous attache à la fois à la vie mais au plus grand des malheurs quand le silence est notre unique réponse ?

Essentiel, captivant, poignant, ce thriller sociétal est un reflet du Brésil plongé autrefois dans l’ombre du savoir. Des années plus tard, les médias s’empareront de tous les crimes de l’armée. 

En salles actuellement. Avec Fernanda Torres, Selton Mello, Valentina Herszage, Bárbara Luz

Coproduction : Mact Productions – VideoFilmes – RT Features – Arte France Cinéma – Conspiração Filmes
©
 Pour le dire