Un virus déferle sur Terre : l’Hétérose. Les symptômes ? Perte de l'obsession du corps, mansplaining dans les transports, fréquentation des bars PMU et connaissance pointue des règles du football.


Les créateurs de ce scénario loufoque mais rempli d’idées, Marco Nguyen et Nicolas Athane, dessinent une parodie qui cible adroitement les défauts de notre génération ultra-connectée. D’un autre côté, elle montre aussi le paradoxe des désaccords au sein d’une même communauté. Twink pour définir le « minet » à la silhouette longiligne et imberbe, bears pour les hommes bien bâtis et poilus, gym rats pour ceux qui vont à la salle se sculpter un corps parfait : toutes ces sous-cultures ne sont pas si tolérantes entre elles. On rencontre alors Jim, adepte de la gym, et Lucien, twink qui peine à assumer ses désirs dans le cadre d’une éducation très conservatrice.


À travers la quête d’un remède contre l’Hétérose, déclencheur et moteur de la rencontre entre Jim et Lucien, on balaie les différentes sous-cultures de la communauté gay avec un message un peu couru d’avance : finalement, en s’entraidant, on est plus forts. Une ode à l’entraide un brin naïve mais qui, grâce à la plume acérée des deux scénaristes, se noie dans un joli bordel coloré qui nous entraîne.


Un premier long métrage signé Bobbypills, qui marquera sans doute le début d’un genre du film d’animation encore trop peu exploré en France : satirique, piquant sans être méchant, et drôle par les contradictions qu’il exacerbe. À voir !

Photographies © BOBBYPILLS studio
© Pour le dire