Il y a en ce moment une petite vague de créations sur la thématique du deuil. Peut-être est-ce parce que j'ai vu la pièce Personne au théâtre de la ville de Paris la même semaine, et que la semaine d'avant je voyais en avant-première le film Sauvons les meubles de Catherine Cosme, mais il y a cette sensation dans l'art de vouloir revoir, faire ressusciter la parole des morts, pour mieux accepter leur départ. Dans Juste une illusion, cette mémoire est joyeuse et empreinte d'énergie. Les réalisateurs Toledano et Nakache recréent l'ambiance des années 80 dans une résidence à Paris, avec une atmosphère bien propre à cette époque. Multi-référencé, le film balaie les groupes de rock de l'époque, le début des marques, les compilations sur cassettes, la valise RTL et les voitures iconiques de cette période 70’s-80’s. Le film est attachant car, comme pour l'ensemble de leurs œuvres à quatre mains, les réalisateurs prennent le soin d'écrire les personnages secondaires avec autant d'application que les personnages principaux, leur rendant d'une part justice, mais offrant au film une perspective scénariste qui dépasse le premier plan de lecture. On est plongé dans un quotidien, où plusieurs vies se bousculent. Un film avec une texture, un sens du rythme et du détail et un beau clin d'œil à la période charnière de l’enfance, entre innocence et début de la désillusion. Ici, qui met en mouvement. À voir.
Photographies © Manuel Moutier - TEN CINEMA - GAUMONT - TF1 FILMS
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