Yorgos Lanthimos nous plonge dans une série de trois films courts sur la thématique de l’emprise. Au casting, sept acteurs : Emma Stone, Jesse Plemons, Willem Dafoe, Margaret Qualley, Hong Chau, Joe Alwyn et Mamoudou Athie.
Un triptyque audacieux autour de l’emprise
Les histoires nous présentent des personnages déchus, luttant contre des obsessions destructrices. Yorgos Lanthimos et son co-scénariste Efthymis Filippou explorent la folie humaine avec une lenteur calculée, laissant les spectateurs impuissants face à la déchéance des protagonistes. Jerskin Fendrix accompagne cette descente aux enfers avec une musique stridente, tandis que les costumes et décors créent une atmosphère désuète, suspendue.
Par une certaine lenteur qui met à plat les vies taciturnes et “à-côté” de nos personnages principaux, les scénaristes nous livrent la beauté et le pire de l’humanité. On voudrait crier, on voudrait les raisonner, mais nous avons face à nous des personnes tellement incarnées dans leurs démences qu’il nous est seulement possible d’observer, silencieux – comme tous bons spectateurs – leur lente chute.

Kinds of Kindness : un objet d’art pudique et étrange
Kinds of Kindness est un objet d’art contemporain, riche et exigeant, qui mérite un second visionnage pour en saisir toute la subtilité. On pourrait rapprocher l’atmosphère de Kinds of Kindness avec celle de The Lobster (2015) car le cinéaste joue avec le malaise, l’indicible, l’horreur, tout en pointant ce qu’il méprise dans notre société contemporaine. Les personnages ne sont jamais foncièrement bons ou foncièrement mauvais. Ils servent simplement leurs intérêts.

Après Pauvres Créatures (2023), plus fantasque et délirant, Kinds of Kindness rompt avec cette part de candeur et d’innocence que Bella (Emma Stone) incarnait admirablement. Ici, le cinéaste dépeint surtout la noirceur, et j’avoue ne pas avoir été entièrement saisie. Peut-être, aussi, parce que le malaise est une émotion avec laquelle j’ai du mal. Peut-être, sûrement, parce que l’œuvre était un peu longue (3x1h). Mais les amateurs du cinéaste et/ou des acteurs à l’affiche trouveront certainement leur bonheur.
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© Photographies : Film4 -Element Films – The Walt Disney Company France
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