Le réalisateur mexicain Alonso Ruizpalacios nous invite dans les cuisines du Grill, brasserie chic de New-York. Estela vient d’arriver dans la ville pour décrocher un poste de cuisinière. Toutes les langues, toutes les cultures, toutes les identités se bousculent dans cette cuisine au cœur de Times Square, et donc au cœur du monde.

Une journée entière, comme le documentaire Welfare de Frederick Wiseman, Oslo, 31 août de Joachim Trier ou Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, ces films où tout bascule, où tout est mis à plat. Pour le meilleur… Ou pour le pire.
Alonso Ruizpalacios réussit donc avec brio l’effet d’accumulation, d’oppression, où le pétage de plomb est une épée de Damoclès au-dessus de chaque personnage. Par moments, seules les voix subsistent, dépouillées de musique ou de bruits parasites, comme un murmure intime qui nous parvient à l’oreille. Ces instants suspendus, rappelant l’immensité du grand bleu ou la pureté du grand blanc, offrent une pause essentielle pour reprendre son souffle et repartir.
La Cocina aborde aussi en filigrane le trouble prégnant de l’immigration. Les mots d’Ernest Cole, photographe qui a capturé les maux de la ségrégation : “un exilé souffrira toute sa vie de son exil” semblent toujours vifs. Malgré tout, la joie, l’humour, parce qu’il en faut pour continuer.
“Ce monde est un lieu de commerce. Quel tumulte infini ! Je suis réveillé presque chaque nuit par le halètement de la locomotive. Cela interrompt mes rêves.” – Henry David Thoreau
Vu en avant-première avec L’Atelier Distribution
Avec Raúl Briones, Rooney Mara, Anna Diaz, Laura Gómez
© Pour le dire
