Le cinéma de Julien Gaspar-Oliveri est très sensoriel, au plus près de ses sujets. Avec Ceux qui rougissent, créé avec Arte et diffusé sur sa plateforme, le réalisateur et metteur en scène évolue entre les mondes artistiques qu’il côtoie : théâtre, cinéma, documentaire. Avec La Frappe, pas de demi-mesure ni d’entre-deux, le cinéaste décide de s’engouffrer au cœur d’une famille brisée par l’inceste, infectée par le mal, les non-dits, l’impossible “après”, quand il faut pourtant continuer de vivre.
Dans La Frappe, deux personnages font sensation et éclosion dans le cinéma français : Diego Murgia et Romane Fringeli, mais aussi Héloïse Volle et Sophie Cattani, Manon Clavel… Chaque comédien apporte sa sensibilité et sa délicatesse au récit, malgré le drame ambiant.
Rencontré lors de la première de sa pièce de théâtre La Gueule ouverte, Julien Gaspar-Oliveri a confié à Pour le dire son souhait de parler d’inceste pour ne plus en faire un tabou, le mot même « inceste » étant très peu énoncé dans les récits fictionnels ou biographiques. Dans La Frappe, l’artiste ne le verbalise pas, mais le rend puissamment tangible par une scène entre le fils et le père, rendant perceptible le lien déformé entre emprise et amour d’une victime face à son bourreau. On voit alors un enfant qui n’a connu que cette forme d’amour face à celui qui n’est plus en mesure de la lui redonner, voire qui s’en repent.
Un film cru, sensible, qui agit comme une loupe sur un quotidien vécu par tant de personnes. La violence n’est jamais spectaculaire : elle s’insinue dans les silences, les corps, les relations et ce qui reste après. Adèle Haenel déclarait sur le plateau de Blast en septembre 2026 : “Le milieu le plus dangereux pour un enfant, ça reste sa famille.”
Source de la citation : vidéo YouTube BLAST “Adèle Haenel : se battre pour ce qui est juste” publiée le 8 sept. 2026
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