Récompensé par le Grand Prix de la Semaine de la Critique, La Gradiva a marqué les esprits à Cannes. Marine Atlan, directrice de la photographie de métier, suit un groupe de lycéens lors d’un voyage scolaire à Pompéi. Un film qui fait le pari singulier de faire jouer des interprètes non professionnels.
Entre approche documentaire et film naturaliste, Marine Atlan nous emmène sur un terrain immédiatement nostalgique : les voyages scolaires. Poignée d’élèves qui font la pluie et le beau temps, élèves dissipés, élèves attentifs qualifiés de fayots, ceux qui décrochent du groupe mais en suivent quand même l’énergie : on reconnaît là la dynamique d’un voyage avec des personnes que l’on ne connaît pas vraiment. Les dialogues sont à la fois ancrés dans la jeunesse actuelle et éminemment intemporels.
Mais le film s’essouffle dans sa seconde moitié : rythme lent, visites scolaires explicatives. On sent l’énergie de la réalisatrice à vouloir éprouver cette temporalité étrange des quelques jours passés loin de chez soi, où tout est nouveau et le temps distendu. Pourtant, le récit aurait gagné à être resserré : les 2h25 finissent par nous emprisonner avec les élèves.
La Gradiva n’en reste pas moins une expérience sensorielle sous le soleil de Naples, portée par le grain de la caméra d’une réalisatrice qui aime son métier. Avec un rythme plus serré, au plus près de l’énergie et du sentiment d’urgence de cette période, on se serait approché du film de génération. Dommage.
Photographies : LES FILMS DU POISSON
