Avant d’ouvrir le Festival de Cannes 2025, regard sur l’un des derniers films de la Compétition officielle de 2024 sorti en salles cette semaine : la Jeune femme à l’aiguille.
Karoline, ouvrière dans une usine à Copenhague, tombe enceinte. Son mari revient de la première guerre avec la gueule cassée, protégée par un masque de fer. Devant l’horreur de sa nouvelle figure et coupable de sa condition, elle fuit. Dagmar, une femme plus âgée à la présence rassurante, lui propose un travail : devenir nourrice pour les bébés qui arrivent tous les jours chez elle, avant d’être donnés à des familles aisés.





Magnus von Horn réalise un film en noir et blanc au grain particulier et à l’athmosphère glaciale typique des films d’Europe du Nord. On sent le froid humide qui saisit les os, la boue qui ne sèche jamais, les maisons aux murs épais et aux fenêtres minces. Le destin de Karoline est une éprouvante traversée au bout de laquelle on espère voir la lumière. Alors on attend, et on passe les épreuves avec elle.
C’est un cinéma que je vois peu, à la frontière du conte sombre. Pas de happy ending garanti, mais une forme de rédemption par l’expérience. Les personnages sont durs, mais chacun détient en eux une part d’humanité, du mari, à Dagmar, au manager de l’usine de Karoline, toutes ces vies déchues continuent d’espérer, de sauver et de croire au beau.
Attention, certaines scènes particulièrement dures risquent de heurter.
Photographies © Nordisk Film
© Pour le dire
