Roman de Fatima Daas publié en 2020, La Petite Dernière est le troisième film de Hafsia Herzi. 

Fatima est en terminale. De confession musulmane, elle est croyante et pratiquante. Sa foi est très importante pour elle, mais un élément vient troubler son rapport à la religion. Elle pense aimer les filles. Timidement, elle découvre l’univers lesbien, entre conversations, soirées et date pas toujours assumés.

Hafsia Herzi commence sous la caméra d’Abdellatif Kechiche et cela se ressent dans sa manière de filmer ses acteurs et actrices. Très proches d’eux, elle semble les aimer, les comprendre, pour mieux les faire briller. Nous sommes plongés dans l’intimité de Fatima, mais pas au sens premier du terme. Nous sommes avec elle, par ses regards, par sa fébrilité, par les doutes qui la traversent.

Hafsia Herzi laisse une vraie place à la sincérité à l’écran, les dialogues sont rompus, les visages sont bruts, si bien que cette histoire, celle de Fatima, résonne sensiblement en nous.

Comme un clin d’œil à La Vie d’Adèle (2013) avec la scène de la gay pride dans les rues de Paris comme un premier rite d’initiation et d’émancipation, la réalisatrice semble embrasser l’ensemble des chemins qu’elle a emprunté en tant que comédienne. Elle propose par ailleurs un rôle à Louis Memmi, son partenaire de jeu dans Borgo (2024).

La Petite Dernière est donc avant tout une histoire de femmes et de destins qui se croisent : de l’autrice Fatima Daas aux productrices Julie Billy et Naomi Denamur qui montrent l’œuvre à Hafsia Herzi, de la directrice de casting Audrey Gini à l’interprétation sensible de Nadia Melliti.

Sélectionné en compétition officielle pour la Palme d’or, La Petite Dernière remporte la Queer Palm et le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2025.

Sortie en salles le 22 octobre 2025
Photographies © June films – Katuh studio – Arte France – mk2films

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