“Il était une fois, dans un grand bois, un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne…”
Ainsi commence ce conte, qui, sans en connaître le contexte historique, s’apparenterait à un conte de Noël. Même si l’animation prête à sourire, parfois à rire, elle cache plusieurs sous-entendus révélés en seconde moitié de l’œuvre. La fiction rejoint alors la sombre vérité de la déportation de millions de juifs dans les trains de la mort. Cet enfant, jeté dans la neige pour le sauver, devient l’objet du conflit. Mais de sa présence jaillit aussi la prise de conscience. Les “sans cœur” que l’on case dans des trains, sont-il vraiment différents de ce pauvre bûcheron ou de cette pauvre bûcheronne ?




Les dessins de Michel Hazanavicius rendent hommage au conte de Jean-Claude Grumberg avec des personnages d’une beauté simple, économe de gestuelles et d’expressions superflues, et une richesse des décors. Comme pour nous signifier que l’histoire se cache parmi les ombres, non loin de nos héros principaux.
La musique d’Alexandre Desplat, délicate et enveloppante, tisse un écrin sonore qui contraste avec la gravité des événements. Les bruitages de Sélim Azzazi ajoutent une texture supplémentaire à l’animation, entre la quiétude d’une forêt enneigée et le grondement sourd des trains.
Entre La Zone d’intérêt, sorti plus tôt cette année et Le Tombeau des lucioles, film d’animation japonaise de 1988, La Plus Précieuse Des Marchandises raconte une part de notre Histoire commune, sans trop en montrer. Le film invite à tendre la main vers l’autre, car dans horreur la plus inhumaine, c’est bien l’entraide qui nous sauve.
Photographies © Ex Nihilo – Les Compagnons du Cinéma – Studio Canal – France 3 cinéma – Les films du fleuve
© Pour le dire
