Encenser le jeu de la troupe de la Comédie Française paraît une évidence. Mais quand la jeunesse s’empare d’un texte de Georges Feydeau, vaudeville créé en mars 1907, et y injecte toute la fantaisie de notre époque, le pari, pourtant challengeant, est relevé haut la main.


Ce théâtre physique de situations mêle tromperies, mensonges, usurpations, bassesses, mais sans jamais verser dans le mauvais sentiment. La Comédie Française y trouve un terrain de jeu particulièrement jouissif. Feydeau désacralise les figures nobles (bourgeois, médecins…) et rend leurs grâces aux personnels de maison et d’établissement, dirigeant l’empathie du spectateur vers eux. On les suit, rusés et intrépides, et l’on dénoue avec eux des situations burlesques.


Les blagues fonctionnent auprès du public des Amandiers, le rythme est juste, et la mise en scène de Lilo Baur évoque un téléfilm d’Agatha Christie ou d’Hercule Poirot, acidulé au vaudeville. 


Un joyeux chaos, parfaitement orchestré.

Photographies © Vincent Pontet

© Pour le dire