On peut naître par l’art et devenir une machine. Être conçu machinalement et devenir des artistes. On a l’art d’apparaître au bon moment ou on industrialise les envies d’arts de nos parents. L’art, depuis la Révolution Industrielle, n’a cessé d’évoluer, de fasciner, d’intriguer les époques comme ses maîtres de pensées. Les domaines des Arts, de la Science, de l’architecture, sont autant de réceptacles qui ont grandi et ravivé cet amour étrange que l’on voue à la machine.

Le Musée des Confluences rassemble près de 200 œuvres issues de 70 musées européens et nous invite à découvrir la machine dans ses heures de gloires et à ses courants délétères.
Qu’est-il resté de l’art de la machine ? Sommes-nous toujours autant fascinés par elle ou apeurés par ces documentaires et schémas apocalyptiques d’Hommes aliénés et réduits ? Ce qu’il en ressort de cette exposition est que la machine intrigue. Elle pousse à la création pour contrer l’inconnu. Elle épouse notre quotidien et anime nos grands écrans, même quand elle s’associe au genre dystopique (Matrix, Mad Max, I Robot…). L’Homme a beau parfois ironiser son omniprésence (Charlie Chaplin dans Les temps modernes), il ne peut, au fond, s’en défaire.
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L’art et la machine répond enfin à un contemporain qui s’apprécie : là où les questions se posent sur notre présent et notre devenir, quand l’homme s’intéresse au construit, à la tradition, et essaye de s’en éloigner intelligemment. Et c’est dans le paradoxe de la fascination et de la haine que le corps de l’exposition se crée. On se promène donc entre les maquettes de De Vinci, aux prémices de l’aviation, et les sculptures futuristes de l’artiste Nam June Paik, puis on redécouvre la vague moderne de Duchamp et de son urinoir interprété par des artistes asiatiques. La machine convint donc les cultures, s’approprie les arts, qui la déteste – souvenons-nous de la rétrospective Erró au MAC de Lyon en 2014 – ou l’idéalise.
L’exposition offre une pluralité d’œuvres dans des formes très diverses. Elle réussit l’exploit de les faire cohabiter entre elles, pour asseoir un propos en fil rouge, sans leur soustraire leur beauté et leur sens originels. Petit point noir dans le choix, arbitraire ou nécessaire par un manque d’espace, de ne pas aborder d’autres thématiques comme la guerre, la mort, ou encore la maladie. Elles qui sont pourtant intimement liées à la machine : de l’arme du soldat à la machine au moniteur cardiaque sur le lit d’hôpital.
La machine et l’art, l’art et la machine, la machine et l’Homme… Ces interconnexions façonnent notre condition et nous poussent à la création, à travers de multiples œuvres. Quoi de mieux pour faire évoluer la société ?
L’art et la machine – Jusqu’au 24 janvier 2016
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