Penser une pièce autour des grandes figures de la Révolution française, c’est un beau challenge. De Marie Thérèse d’Autriche, mère de Marie Antoinette, à Lamartine, en passant par Robespierre et Louis XVI, cela fait du monde sur le plateau. Mais le metteur en scène et écrivain Lazare ne se contente pas d’une constellation de personnages historiques ou fictifs : il ajoute des scènes de vie quotidienne pour nous conter la peur, la misère, l’odeur de la Révolution. Trappes, plateformes, escaliers métalliques, rideau d’eau… Lazare profite du budget d’un grand théâtre subventionné parisien, La Colline, pour nous en mettre plein les yeux. C’est réussi. Mais les mots, eux, se perdent. Tantôt trop littéraire, tantôt s’adressant surtout aux férus d’Histoire, le récit, décousu par une forme extrêmement ambitieuse, finit par nous perdre après une heure et quelques. Les comédiens et comédiennes défendent à bras le corps leurs rôles, dirigés par une mise en scène atypique, intéressante dans son déploiement de personnages aussi différents les uns que les autres. Mais la sauce ne prend pas. L’histoire se perd dans les méandres de l’Histoire. Là où nous aurions aimé en apprendre davantage sur la Révolution française et sur ses personnages principaux, Olympe de Gouges, femme de lettres et figure de l’émancipation des femmes, et Jean Paul Marat, journaliste et écrivain interprété par un Denis Lavant toujours aussi efficace, bien qu’un brin cabot, nous perdons rapidement le fil et préférons fermer les yeux, bercés par la musique joliment composée par Myrtille Hetzel, Jérôme Billy, Ava Baya et Gabriel Tur.
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