Que dire de Brecht quand on ne connaît pas intimement son univers ? On peut dire que c’est un camarade d’écriture de Camus, tant l’auteur décrit une société empreinte des bouleversements qu’a connus la première moitié du XXᵉ siècle. Son univers porte le froid des forêts allemandes, l’hiver sans fin, et la lumière d’un foyer ou d’une belle âme.
Dans Le Cercle de craie caucasien, il est question de foi, de filiation, de choix au-delà du sang. La pièce se raconte comme un conte, dans lequel Emmanuel Demarcy-Mota inscrit des tableaux forts, portés par une scénographie vivante. Les arbres bougent, le plateau tourne, les comédiens et comédiennes éprouvent leur décor comme un champ de bataille.
Les changements de lumière et de décor permanents ont l’avantage d’éblouir le spectateur par une ambiance très cinématographique, proche d’un film d’époque, mais créent aussi une distance. La richesse de la forme n’est pas toujours au service du sensible.
Le Cercle de craie caucasien reste toutefois une belle aventure, où le jeu des comédiens et comédiennes se déploie pleinement, avec Élodie Bouchez en Femme Courage et Valérie Dashwood en Azdak parfait, personnage miroir d’un Nada dans État de siège de Camus.



Au Théâtre de la Ville Sarah Bernhardt – Février 2026
Photographies : Jean-Louis Fernandez
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