En naviguant sur le site du Théâtre de Belleville, comme sur tant d’autres aujourd’hui, une fenêtre s’affiche : accepter ou refuser les cookies. Ce choix binaire, si anodin en apparence, résonne étrangement avec le sujet de ma recherche : la pièce du collectif Me Too Théâtre. Inspirée du mouvement #MeToo, elle expose les violences sexuelles et le harcèlement subis par de nombreuses femmes dans les milieux artistiques (et bien au-delà). Face à ces abus systémiques, leur position est claire : refuser. Refuser le silence, refuser l’impunité, refuser que la peur étouffe la parole.

Le collectif #MetooThéâtre dans Les Histrioniques - Un trou dans la raquette
Le collectif #MetooThéâtre dans Les Histrioniques – Un trou dans la raquette

Pendant 1h30, six femmes livrent, sans détour, leur expérience d’être une femme dans le milieu du théâtre : remarques lascives, machisme toléré, plaintes étouffées, démarches judiciaires épuisantes… souvent pour un classement sans suite. Se faire entendre devient un combat de chaque instant.

#MetooThéâtre est devenu cette voix plurielle de femmes abusées, réduites au silence pour continuer à travailler malgré tout. L’histoire s’écrit désormais sur les planches, auprès de nous, spectateurs et spectatrices, pour continuer à propager les noms de cette liste. Pour que ces cartons jaunes affichés sur les réseaux sociaux du collectif deviennent des étiquettes collées sur le front des agresseurs. Avec humour, elles dénoncent l’indicible et témoignent de leur quotidien de femmes comédiennes, artistes, militantes, dans une lutte qui ne s’arrête pas au moment de fermer sa boite mail. 

Une ode au courage, à la libération de la parole, à la sororité, à l’entraide dans cette pyramide de la désinformation que l’on ne peut pas toujours gravir seule(s). Semez, ami.e.s, semez. Car oui, il se passera quelque chose. 

Avec Louise Brzezowska-Dudek, Nadège Cathelineau, Marie Coquille-Chambel, Séphora Haymann, Julie Ménard et Elizabeth Saint-Jalmes.

Jusqu’au 28 janvier au Théâtre de Belleville
Photographies © Alain Monot
© Pour le dire