Parfois on n’est pas immédiatement attiré par un film. Puis les critiques, positives, arrivent à nous. Préférant aux bandes-annonces (trop) généreuses des rapides commentaires pris à la volée, je me résigne à fléchir. D’influence, ou de curiosité.

Une épopée contemporaine audacieuse

Sous le fardeau des mots d’Alexandre Dumas, l’équipe du film réalise une œuvre audacieuse, dense, dynamique. Le duo de réalisateurs et scénaristes Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière travaillent la noirceur du propos, tout en se permettant des saynètes légères, voire humoristiques. On pense alors à la scène du repas, où Edmond Dantes accueille ses convives et leur parle de fantômes. On oscille entre l’atrocité des faits et le comique de la situation.

Le cynisme de Dumas arrive encore à nos oreilles. L’échos de ses mots prend la forme de silhouettes et de situations tout à fait palpables de nos jours. Les acteurs, Pierre Niney en chef de ligne suivi de prêt par ses deux acolytes-disciples Julien De Saint-Jean (Andréa) et Anamaria Vartolomei (Haydée), offrent une palette de jeu et d’émotions rares habilement nuancés. Leurs regards emplis de haine, d’horreur, d’envie et parfois d’amour bousculent tout sur leur passage. Leur désir de vengeance comme seule boussole les amène à la manipulation des foules et de ceux qui les ont cruellement éconduits.

Le Comte de Monte Cristo est donc une épopée cinématographique qui vaut le déplacement en salles. Le compositeur Jérôme Rebotier accompagne le travail remarquable de la réalisation et du montage. Sa musique offre une texture supplémentaire au film et devient corps à l’image, sans qu’elle n’occupe toute la place. Elle glorifie, condamne, résonne. Elle est l’âme d’Edmond Dantes. Une magnifique collaboration réalisateur-compositeur que l’on espère retrouver sur grand écran.


Photographies du film © Chapter 2 – Pathé films – Jerome Prebois
© Pour le dire