Les suites sont toujours difficiles. Surtout quand on ajoute vingt ans entre le premier volet et le second. Mais pour Le Diable s'habille en Prada 2, on peut dire que le secteur de la mode n’a pas tant évolué que cela. Doit-on le prendre positivement ? Pas vraiment. Le culte de la minceur est toujours là, le paraître avant l’être aussi, mais, noyée dans ce fleuve de branding, d’élites et de nepo babies, on voit fleurir des besoins d’authenticité. Arrive alors Andy, toujours aussi franche et naïve que dans le premier volet. Elle a gravi les échelons du journalisme, seulement, à quarante et quelques années maintenant, elle est au chômage. La faute à quoi ? Pas à la mode, mais au journalisme qui, lui, dégringole. Et on ne s’en réjouit pas pour le coup. Les scénaristes ont bien compris qu’une suite sans ancrage dans le monde actuel n’est qu’un remake sans saveur. Le Diable s'habille en Prada se modernise donc à une époque réglée par les influenceurs et influenceuses, et par ceux qui dictent le bon goût… ou le fashion faux pas. Malgré tout, la leçon qui apparaît, certes un peu facile, est que le travail et l’honnêteté sont souvent récompensés. Et surtout, une belle évolution des mentalités met le doigt sur ce qu’on ne peut plus dire aujourd’hui. Oui, l’ancien management a fait son temps, même si les diktats restent. À voir pour ce qu’il dit du présent plus que pour ce qu’il apporte réellement à la saga.
Photographies © 20th Century Studios © Pour le dire
