Un titre poétique et énigmatique, un contexte de tensions dans la capitale iranienne, Les Graines du figuier sauvage intrigue parmi les récentes sorties d’octobre. Et c’est dans un flou conscient que je me suis jetée dans ces 2h45 de film… Desquelles on ne ressort pas indemne.
Loupe sur la société moderne à Téhéran
Mohammad Rasoulof crée une loupe sur une famille iranienne de classe moyenne, privilégiée, plutôt conservatrice. Nous sommes plongés dans la famille d’Iman, père de famille respectueux de l’ordre et de la tradition, mais sans aucune violence apparente. Sa femme, Najmeh, est mère au foyer et apprécie sa position. Elle prend soin de sa famille, de la maison, tout en voyant ses deux filles adolescentes, Rezvan et Sana, s’affirmer de plus en plus dans ce cocon docile. Mais les révolutions étudiantes d’un régime ostracisant la liberté individuelle creusent le fossé au sein du foyer.




La Révolution soulève l’indicible
Le cinéaste nous montre donc le lent soulèvement de la pensée individuelle contre le tyrannisme latent, silencieux, insidieux. À travers Sana et Rezvan, il rend compte de l’écart entre la jeunesse sur-éveillée au monde et la génération de leur parent, informés à l’entonnoir médiatique. Comment maintenir le lien quand tout un système nous sépare ?
Le film plonge petit à petit dans le thriller quand la paranoïa d’Iman ronge tout son être. Il ne veut pas de la révolution dans sa propre maison. Sous la forme d’un huit clos oppressant, la tension monte, les langues se délient, les visages s’ouvrent. Et les pensées, aussi. À voir absolument.
Prix Spécial du Jury du Festival de Cannes 2024
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Photographies © Pyramide Distribution
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