Au Festival Off d’Avignon, Les Peintres au charbon explore avec finesse un pan méconnu de l’histoire ouvrière anglaise : celle de mineurs qui, dans l’entre-deux-guerres, découvrent la peinture comme un langage d’émancipation. Un récit inspiré de faits réels, mis en scène avec sobriété et sensibilité par Adrien Popineau, à partir du texte de Lee Hall (Billy Elliot).

La pièce interroge avec acuité une question toujours actuelle : qui a le droit de créer ? Faut-il des codes, un capital culturel, une place dans la société pour être légitime dans le champ artistique ? À travers des personnages aux trajectoires croisées, c’est tout le poids du déterminisme social qui est mis en lumière, sans misérabilisme ni discours appuyé.

Le travail collectif sur scène repose sur une belle dynamique de troupe. Les comédiens et comédiennes incarnent avec justesse cette soif d’apprendre, ce tâtonnement vers l’expression, cet élan vers quelque chose de plus grand que soi. Le quatrième mur est brisé à quelques reprises, avec justesse : non comme procédé systématique, mais pour créer des points de contact vivants entre scène et salle.

On sort de la salle touché par la tendresse du propos et la dignité des personnages. Les Peintres au charbon est un théâtre de l’éveil, au sens noble du terme. Celui qui donne à penser, à ressentir, sans jamais asséner.

À voir au 11 Avignon, à 13h05 (relâche le vendredi), jusqu’au 24 juillet.