Berlin, ça grouille, ça joue, ça chante, ça danse. C’est une ville extrêmement touristique mais extrêmement simple. Il fait bon de s’arrêter un instant et de regarder les passants.
Revenant de quelques jours de cette ville, j’ai pu avoir un aperçu infime des beautés dont Berlin regorgent. Elle est l’une de ces rares villes où le beau n’est pas celui que l’on trouve dans les autres capitales européennes. Ce qui est beau n’est pas la singularité de ses monuments – comme les dalles de l’holocaust memorial – ni l’architecture de ses grandes cathédrales ou de ses rues extensives. Ce qui fait la beauté de Berlin, c’est qu’elle est une anti-beauté. Elle respire d’immeubles délabrés, de murs graffés et de bâtiments désertés…ou ré-habités par des jeunes berlinois aux convictions politiques personnelles.
Il y a une forte culture punk et anarchiste. Les femmes comme les hommes osent les bras entièrement tatoués et les piercing sur tout le visage, car il n’y a pas de démarcation sociale empreinte à ces tenues. Tous les âges et tous les pays se confondent, forment un mélange culturel ouvert sur les autres et leur histoire. Les berlinois s’assoient par terre pour écouter un jeune s’essayer à la Techno, d’autres en demandant du feu, une cigarette roulée pincée sur le coin de la bouche, entament une véritable discussion avec ceux qui leur auront prêter ledit objet. Les gens se rencontrent, échangent, non par curiosité mal placée ou par une drague timide mais par l’envie de s’enrichir des personnalités qui grouillent dans leur ville. Pour une française, cela m’a vraiment étonné de voir qu’il n’y avait aucune gène à la rencontre de l’autre, aucun braquage ou questionnement sur les intentions de l’interlocuteur. A Berlin c’est l’humain qui parle à l’humain, plus de barrières d’âges, de sexes, de nationalités. Des étudiants proposent même à des touristes – comme nous l’étions – de visiter leur ville de manière alternative, de s’approprier les coins éloignés des pleins feux pour comprendre Berlin comme la regarde ses habitants. Et tout cela s’organise sur le système du don en fin de visite. La générosité et le cœur des berlinois sont totalement opposés à toute forme de mercantilisme.
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Revenons aux murs et bâtiments habillés de street art. Le respect accordés à ces peintures reflètent la mentalité des artistes de rues. A chaque graff son artiste, son mur, son espace d’expression. Il est inconcevable pour un autre artiste d’ajouter son style à un graff déjà créé. Ainsi, les murs de Berlin sont proprement décorés grâce à la retenue de l’ego de nouveaux artistes, qui choisiront de contacter le graffeur de l’espace qu’ils aimeraient habiter pour lui demander son accord plutôt que de recouvrir  la peinture d’un collègue. La civilité et l’altruisme s’opèrent dans la plus parfaite illégalité.
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Berlin, c’est donc la simplicité. Nul besoin de prouver qui nous sommes par des marques de vêtements huppés ou par la fréquentation de lieux prisés. A Berlin, un squat peut devenir le plus beau symbole de communauté parfaite, aux approches d’Utopia de Thomas More. Le prochain est un trésor, et la ville un lieu ouvert d’expression.
Berlin, je te retrouverai prochainement.