Souleymane, 25 ans, vient d’arriver en France. Son quotidien est rythmé par des livraisons de repas dans Paris. Entre deux livraisons, il passe aussi chez ses points de contact en France pour récupérer des documents, contre de l’argent. Chaque soir, un bus l’attend pour l’amener dans un centre d’hébergement d’urgence où il retrouve d’autres camarades, de tout origine. Mais Souleymane supporte sa condition car il a un espoir : obtenir ses papiers de demandeur d’asile auprès de l’Ofpra pour être considéré comme un citoyen français.
L’importance de ces récits
Par un jeu naturaliste, saisissant dans le propos sans être plongé dans le pathos, L’Histoire de Souleymane est un film important. Déjà, parce qu’il humanise par la force du chiffre unique tous ces visages que l’on croise au quotidien. Ici, ce sera donc Souleymane, sa vie, son origine, sa famille qu’il laisse derrière lui en Guinée. Mais combien d’autres camarades ne sont pas considérés ? Le film rend compte du trafic organisé derrière chaque arrivée. Aucun service rendu n’est gratuit. Tous ces jeunes qui arrivent, le cœur chargé par les adieux et leur parcours, sont gonflés d’envies et se font broyer par un système bien huilé. Malgré tout, le film célèbre les petites joies. Un sourire de commerçant, un café offert, des signes d’attention noyés dans l’accumulation de plus grandes peines.

L’Histoire de Souleymane semble être la suite du bouleversant “Moi, Capitaine” (Io, Capitano) de Mateo Garonne sorti cette même année. On suivait la traversée à pied de deux jeunes sénégalais qui tentent de rejoindre l’Europe, avec toute la dangerosité d’un tel parcours. Souleymane semble prendre le relais. Les épreuves ne s’arrêtent pas une fois le pied posé à terre sur le nouveau continent. Alors, après tant d’efforts, d’extorsions, de maux physiques et psychologiques, peut-être alors : la lumière de la reconnaissance.
Le film a reçu le Prix du meilleur acteur Un certain regard, Prix du jury Un certain regard au Festival de Cannes 2024
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