Louise Chevillotte s’accompagne de Juliette Gharbi, Elodie Gandy, Lucie Grunstein et Mathilde-Edith Mennestrier pour interpréter les lignes du roman L’incandescentede Claudie Hunzinger et le documentaire Le gang des cracheuses de sangRobin Hunzinger. Ces deux œuvres qui se répondent par différents medium, racontent l’émancipation, la liberté, la passion, la perte, l’abandon de quatre femmes dans les années 1920.
Hospitalisées pour soigner leur tuberculose, Marcelle, Bijoux, Marguerite et Hélène voient leur destin contrarié par la maladie et l’enfermement. Elles n’ont en commun que d’avoir étudié à l’École Normale. On perçoit la rigueur appliquée à leur posture et l’innocence prêtée à leur âge, où certaines ne connaissaient encore rien de l’amour ou de la sexualité. Ces contrastes entre intelligence, vivacité et candeur nous offrent une partition de comédiennes incarnée, d’une grande sensibilité.



La scénographie, faite de drapés blancs et de brises légères poussées par des ventilateurs, ajoute au spectacle ce côté aérien, hors sol que l’on pourrait comparer aux films de Sofia Coppola. Ici, il s’agit plus du temps qui passe, de l’inaccessible, de la passion au point qu’elle détruit, que de la description pure de la condition de ces femmes.
Louise Chevillotte prend le soin du texte de de Claudie Hunzinger. Tantôt scandés, tantôt en chœur de femmes, tantôt en répétition pour que chaque bribe nous parvienne. C’est une proposition chorale, portée par une complicité palpable entre les comédiennes, dont la création musicale de Léonie Pernet et le travail chorégraphique de Mathilde Roux emportent la voix au dehors, vers un espace qui n’appartient plus aux terriens.
Une œuvre pour se souvenir, pour continuer de faire exister ces femmes, ces lettres, cet amour.
Photos © Marie Gioanni
© Pour le dire
