Quand on pense à L’Odyssée, on se souvient du collège, l'époque de la découverte des mythes et de la Guerre de Troie. Mais que reste-t-il de ces souvenirs ? Après Oppenheimer, le réalisateur Christopher Nolan choisit un tout autre type de biopic : celui d’Ulysse, héros vainqueur humaniste et loyal. Adapter une œuvre de 3000 ans au cinéma n'a pas l'air d'être une mission simple. Pourtant, le réalisateur le dit lui-même : le texte a éprouvé les années et reste toujours aussi universel. Les questions de départ, d'une mission à accomplir, le passage à l'âge adulte d'un adolescent, la trahison et la fidélité. Tout est une question d'hommes et de femmes, finalement. Christopher Nolan semble donc s'attacher à l'essence même de cette Odyssée : des hommes et des femmes ordinaires qui ont accompli de grandes choses. Le cinéaste semble retrouver dans Homère des thèmes qui traversent déjà toute sa filmographie : le temps, le retour, la fidélité et cette quête obstinée d’un foyer. Au plus près de ses acteurs, avec un Matt Damon au sommet, la caméra de Nolan capture grâce au grain et au détail de l’IMax toute la subtilité et l'amplitude des émotions. Avec sa réalisation toujours aussi ample et lumineuse, lui même entouré de fidèles dans son équipe technique, Nolan réussit humblement et pourtant majestueusement à mettre en image ce qu’Homère a chanté il y a bien des années.
